Mexico, nous voilà !

Quatres adresses pour manger sur le pouce à Bruxelles

En septembre 2015, on avait goûté chez la Mexicaine Selene Ruiz un délicieux pozole, une soupe de maïs blanc "mote" d’origine aztèque. On se souvient encore de l’explosion de saveurs, du bonheur qu’on avait ressenti d’enfin pouvoir goûter à Bruxelles une cuisine mexicaine authentique !

On se souvient aussi de l’enthousiasme de jeune femme, ne tarissant pas d’anecdotes sur la cuisine de son pays, partageant ses souvenirs de famille, forcément autour des fourneaux, avec Otilia, sa grand-mère, et sa mère Francisca.

Originaire de Puente de Ixtla, petite ville de l’état de Morelos, à 130 km au sud de Mexico, Selene Ruiz a quitté son pays à 21 ans pour voyager en Californie, où elle a travaillé dans des taquerias. Après un petit passage par Montpellier, c’est finalement en Belgique qu’elle trouve un job, dans une maison d’édition, avant d’opérer un virage à 360°.

Une formation au Ceria en poche et un stage au feu restaurant Beurre noisette à Ixelles, et la voici en train de régaler les Bruxellois en balançant tacos, tamales et salsas en veux-tu, en voilà !

Pour l’instant, Selene Ruiz a posé couteaux et piments chez Tarzan, rue Washington, où elle propose ses tacos kits "Do it yourself" (35€/15 tacos) à précommander, mais aussi une courte sélection de street food mexicaine à manger sur le pouce. Aguas frescas, margaritas et même une sélection de vins nature - normal, on est chez Tarzan ! - coté boissons, mais aussi des gringas, des tortillas de farine de blé garnies avec la viande mijotée du jour ou en version veggie.

Mais on craque surtout pour les gorditas (6€), réalisées avec de la farine de maïs nixtamalisée bio.

On suivra aussi les aventures de son foodtruck, le bien nommé "El Taco Mobil", avec qui, elle et son compagnon Olivier Vuylsteke, sillonnent les marchés de Bruxelles.

Et bientôt on achètera leurs sauces mexicaines, dont leur fantastica salsa macha, qu’ils s’apprêtent à commercialiser.

Ouvert les jeudis (de 16h à 18h) et vendredis (de 17h à 20h30). 59 rue Washington, 1050 Ixelles.

Come a casa

Sonne midi, le rideau se lève chez Grammes 1060 et déjà, de merveilleux effluves de pizza envahissent les narines. C’est Christian qui ouvre, tout sourire, le calot de boulanger déjà calé sur la tête, tandis qu’Angelica s’active pour terminer les plats du jour. Ce midi-là, une fricassée de veau, fagioli all’uccelletto (haricots à la sauce tomate) et saucisses, pommes de terre au citron…

Avec Angelica Magni, originaire de Florence, on navigue entre spécialités toscanes (tripes à la florentine, crespelle…) et d’un peu partout dans la Botte (panzanella, minestrone, caponata d’aubergines…). Et si Angelica ne quitte jamais son livre de chevet, La Science dans la cuisine et l’art de bien manger, une bible de la cuisine italienne signée Pellegrino Artusi en 1891, sa cuisine est avant tout instinctive, généreuse, et goûteuse. Et l’on vient ici en quête de ce que l’on ne trouve pas dans la plupart des restaurants italiens : des plats comme à la maison !

Le Belge Christian Lejour, lui, est passionné par le pain. Il prépare pizzas al taglio et schiacciate toscanes (pain croquant à l’huile d’olive, farci de délices de fromages et de charcuteries) côté italien, et tous les grands classiques de la boulangerie franco-belge avec des farines bio et sans additifs.

Comme le dit Angelica, on est ici dans un “concept un peu bâtard, entre boulangerie et comptoir gourmand, sans service à table, comme dans les trattorie de Florence”. Et si, pour l’instant, on emporte tout (de 5 à 15€ en fonction du volume) — même quelques produits d’épicerie choisis —, on pourra bientôt de nouveau s’installer aux quelques tables que compte cette adresse imaginée en septembre 2020 à Saint-Gilles par deux cinquantenaires bien dans leurs baskets qui ont décidé d’abandonner leur métier respectif pour vivre de leur passion. On leur dit bravo !

Ouvert du mardi au vendredi de 12h à 18h30, samedi de 8h à 15h. 20A rue Antoine Bréart, 1060 Saint-Gilles.

Simple et efficace 

Couple de jeunes trentenaires bien dans l’époque, Tatiana Yelengwe et Pierre Van Ransbeeck viennent d’ouvrir le Comptoir Garcin dans le goulet Louise. Elle est Française et féministe revendiquée – elle a créé Desculottées, un webzine qui défend une sexualité positive pour tou.te.s –, en plus d’être une pro de la communication. Lui est Franco-Belge et a été analyste de données marketing pour de grandes enseignes de la distribution, avant de faire ses armes dans divers restaurants, en Belgique mais aussi au Brésil ou en Nouvelle-Zélande.

Garcin, c’était le nom de la maman de Pierre. “Ma mère mettait un point d’honneur à ce que je me nourrisse bien !”, explique le jeune homme. “Mais ce que tu ne dis pas Pierre, c’est qu’elle t’a élevé toute seule et que c’était pas tous les jours facile pour elle de travailler et de cuisiner !”, ajoute Tatiana. C’est un peu l’idée de départ de ce Comptoir Garcin, proposer des plats tout simples, bons et vraiment abordables pour tout un chacun.

Leurs secrets pour des prix bas ? Pas de personnel – lui est aux fourneaux, elle en salle –, un nombre de propositions limitées (trois plats et trois desserts changeant chaque semaine), et des produits de saison commandés en grande quantité…

Mais ce qui fait surtout la différence, c’est que Pierre, passionné de cuisine depuis qu’il a 5 ans, fait tout lui-même de A à Z, du pain au levain (avec la farine de la ferme Baré à Gembloux) au jus de fraise, jusqu’au café qu’il torréfie lui-même. Un pari casse-gueule, dont il se sort pourtant comme un chef.

Avant de pouvoir s’installer dans leur cantine cosy, on emportera dès le 1er mai son manger dans d’élégants emballages compostables. Pour ce premier menu, rien de farfelu mais du goûtu, avec notamment une cuisse de poulet rôti avec une purée de pommes de terre, une compotée d’oignons et un jus de romarin (9 €) et, en dessert, un moelleux au chocolat (2 €).

Ouvert du mardi au samedi de 11h à 14h et de 19h à 22h et le dimanche de 11h à 14h. 25 rue Dejoncker à 1060 Saint-Gilles.

Grignotages iodés

St-Kilda devient Fish Tank et on ne s’en plaindra pas ! Alors qu’il était très difficile de réserver une table dans la petite cantine inspirée et durable ouverte il y a trois ans par Milan La Roche dans la très résidentielle avenue Coghen à Uccle, aujourd’hui, tout est plus simple avec la nouvelle formule à horaire fixe.

C’est que le jeune chef belgo-australien et ses acolytes, Antoine Jaumaux et Maxime Firket, ont toujours privilégié le catering, notamment pour les tournages de cinéma. Et s’ils comptent bien continuer leurs diverses activités, on peut désormais se rendre chez Fish Tank pour se régaler de quelques propositions iodées sans même avoir besoin de réserver.

Au menu, quelques best of, notamment le fish and chips. Mais ce jour-là, on a choisi le filet-O-Fish (13 €), un filet de haddock pané au lait battu, cheddar, laitue, oignon rouge et cornichon, lové dans un bun bio de chez Hopla Geiss. Tandis qu’on n’a pas pu résister aux dirty chips (10 €), des pommes de terre crousti-fondantes, avec des condiments de rêve : un sel au vinaigre et aux algues, des salicornes, du tarama maison, de la feta, des œufs de truite et de l’origan.

Enfin, pour étancher sa soif, on piochera aussi parmi la belle sélection de canons nature dans la petite épicerie improvisée.

On aime vraiment cette cuisine décomplexée, plutôt anglo-saxonne, tirée de la vie de bourlingueur de Milan La Roche : d’une expérience au très pointu restaurant Attica de Ben Shewry à Melbourne à un resto français au Costa Rica, en passant par les cuisines du Belge Maarten Van Essche, d’où il tire les enseignements d’une cuisine locale et de saison. Et l’on attendra avec impatience le 15 mai pour s’attabler en terrasse et déguster d’autres suggestions, toujours autour du poisson : asperges et mojama de thon rouge, lobster roll, calamars frits… Car ici, on grignote du très bon, sans se prendre la tête, et dans une ambiance décontractée. Le pied !

Du mercredi au vendredi de 17h-20h30, et du samedi au dimanche de 12h à 20h30. 44 avenue Coghen à 1180 Uccle.