Le collège Saint-Michel a annoncé, ce dimanche 24 janvier, la suspension des cours en présentiel durant une semaine suite à la contamination au variant britannique de quatre professeurs. Cette décision faisait suite à celle prise par la Région bruxelloise d'écarter 270 élèves qui avaient été en contact avec les enseignants contaminés. Ce mardi, le ministre bruxellois de la Santé, Alain Maron, déclarait qui plus est que l'ensemble des élèves et du personnel de l'établissement scolaire d'Etterbeek devaient se soumettre à un test ces jeudi et vendredi. Dans un mail adressé aux parents d'élèves, la direction du collège a fait part de son mécontentement face au comportement de la Région à l'égard de l'établissement. "La décision de faire tester tous les élèves ne nous a pas été communiquée mais a, par contre, fait l'objet d'une déclaration dans la presse de la part du ministre compétent!", peut-on lire dans le courriel.

"Quels moyens la Région bruxelloise va-t-elle mettre en oeuvre pour que le dépistage des élèves ait lieu encore cette semaine ? Aucun ! C'est apparemment à nous de nous débrouiller", continue le directeur des secondaires, Benoît Gallez. Avec le soutien de la commune d'Etterbeek, la direction met actuellement tout en oeuvre pour que les élèves puissent reprendre le chemin de l'école au plus vite. Mais la reprise des cours en présentiel annoncée initialement pour la semaine prochaine semble compromise au vu du testing massif à réaliser. "Il ne nous appartient pas de remettre en cause le bien-fondé de cette décision. Par contre, nous déplorons le manque de cohérence dans le processus de prise de décision et le manque total de communication de la Région bruxelloise vers notre école dont, in fine, les élèves, leurs familles, les professeurs et les éducateurs sont les malheureuses victimes", conclut Benoît Gallez dans son mail.

Le comportement du ministre Maron jugé "inacceptable"

La situation exaspère également certains politiques. "Les lacunes de communication du ministre Maron n’ont donc pas de limites, fustige Céline Fremault (cdH). Quand on est dans une situation telle qu’aujourd’hui qui oblige à la concertation permanente, ne pas contacter directement la direction de Saint-Michel pour indiquer la marche à suivre, cela manque du respect le plus élémentaire à l’égard de l’école et des élèves. Outre que cela plonge tous les concernés dans un brouillard total alors qu’il faudrait travailler main dans la main."

"Quelle cacophonie!", réagit pour sa part Alexia Bertrand (MR). Regrettant à son tour le manque de concertation et d'aide venant de la Région, la libérale juge la situation "inacceptable". "On aurait pu comprendre ceci au mois de mars mais pas après 10 mois de pandémie, ajoute-t-elle. Une fois de plus ceux qui prônent la concertation à tout prix n'en font aucune. C'est pourtant la première demande qui est venue de tous les acteurs de la commission spéciale covid. C'est l'école qui se retrouve en première ligne à devoir gérer les changements de règles, la communication à ses élèves et presque l'organisation du testing. Quand la région Bruxelloise prendra-t-elle enfin ses responsabilités en la matière?"

Alain Maron "comprend" mais "appelle au calme"

Le ministre de la Santé bruxellois ne s'étonne pas des critiques émises par la direction du collège Saint-Michel. "Je comprends que M. Gallez soit fâché, il y a eu un véritable déficit communicationnel, mais on a intérêt à garder notre calme dans cette crise", nous confie Alain Maron. L'écologiste a présenté ses excuses aux équipes de l'établissement scolaire d'Etterbeek et a assuré qu'il y aurait une réflexion quant à la façon dont la situation a été gérée. "Il faut que les services de la Cocom soient plus performants et il faut améliorer la communication à l'égard des directions, continue le ministre de la Santé bruxellois. Je vais demander des modifications dans les procédures pour que ça ne se reproduise plus." Il tient toutefois à rappeler que le problème a dû être traité dans une relative urgence. "Nous sommes, qui plus est, face à des décisions inédites", explique M. Maron. 

Enfin, le ministre se défend de n'avoir rien mis en place pour aider le collège Saint-Michel. "La Cocom a dégagé des créneaux dans un centre de testing à Etterbeek pour que les élèves puissent se faire tester", conclut l'écologiste.