Les images avaient fait grand bruit à l’époque. Grâce à une caméra cachée, une équipe de Gaia (Global Action in the Interest of Animals) avait révélé, en janvier dernier, comment une société française -mandatée par la Ville de Bruxelles- s’y prenait pour stériliser des pigeons. Près de 3 000 volatiles étaient ainsi capturés à Bruxelles chaque année, avant d’être envoyés à Paris pour y subir une stérilisation et finalement être réexpédiés dans la capitale belge. L’opération était réalisée, d’après Gaia, " sans anesthésie correcte" par le Sacpa (Service pour l’assistance et le contrôle du peuplement animal), un organe spécialisé " dans la capture et l’extermination des animaux errants" .

Cette enquête, l’échevin bruxellois, Christian Ceux (CDH) l’a toujours contestée. Ce dernier a d’ailleurs récemment envoyé une délégation au lieu de stérilisation du Sacpa pour vérifier les propos de Gaia. D’après lui, les volatiles sont ainsi bien anesthésiés avant chaque intervention.

Toujours est-il que Christian Ceux a décidé de ne pas reconduire le contrat qui liait la Ville de Bruxelles à la société française. Et ce "a près une analyse juridique, des zones d’ombres subsistent quant à la légalité de l’opération et au transport des volatiles de la Belgique vers la France" , justifie-t-il dans un communiqué. Pour l’heure, six alternatives à la stérilisation des pigeons (allant de l’euthanasie à l’introduction de faucons en passant par l’installation de pigeonniers) sont étudiées par la Ville de Bruxelles.

Gaia, qui se félicite de cette décision, a son idée sur la question : l’association plaide pour la construction de pigeonniers "contraceptifs" qui attirent la colonie de pigeons urbains pour s’y reproduire et y pondre leurs œufs. " Il ne reste plus alors qu’à substituer ces œufs par des leurres" , explique Gaia. Selon l’ASBL, cette méthode de contrôle des naissances est "une alternative efficace aux abattages massifs et aux stérilisations".