Mardi prochain se déroule la commission de concertation relative à l’avenir du Donderberg, rue des Horticulteurs à Laeken. Ce site constructible de 2,6 hectares situé en intérieur d’îlot constitue une réserve naturelle libre de toute intervention humaine depuis près d’un demi-siècle. Un véritable havre de paix pour les habitants de l’îlot, qui se battent depuis 2013 contre la volonté de la Ville de Bruxelles d’urbaniser les lieux.

Ci-dessous, une vue du ciel du site dans son état actuel

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À l’origine, ce projet prévoyait la construction d’une école de 672 places, d’un centre sportif et de 79 logements. Face à la grogne des riverains, la Ville de Bruxelles a revu ses ambitions à la baisse, à plusieurs reprises. Les logements ont disparu, seuls huit seront construits à front de la rue des Horticulteurs. Pas question, par contre, de renoncer à l’école ni au centre sportif, assure la Ville. “Nous avons entendu les demandes des habitants”, explique le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Philippe Close (PS). “Nous avons reculé l’école d’une dizaine de mètres pour qu’elle gêne le moins possible les habitants et nous avons renoncé aux logements.”

Concrètement, environ la moitié de la réserve naturelle est préservée? assure la Ville. L’emprise au sol de l’école ne constitue que 10 % du site (2 300 m2 répartis sur quatre bâtiments), sans compter les voies d’accès et la cour de récréation bien évidemment. Le centre sportif – en sous-sol – et le réfectoire seront par ailleurs accessibles aux riverains en dehors des heures de cours, durant les vacances, etc. La Ville y prévoit 240 places de maternelles et 432 places de primaire. Des rangs seront organisés et 100 parkings vélos seront créés afin d’éviter l’afflux de voitures dans un quartier déjà très dense.

Ci-dessous, le projet avec les 79 logements et la dernière mouture, sans logements.

“On peut entendre que des riverains qui avaient un peu fait d’un espace public leur jardin privé aient des questions mais ils doivent aussi comprendre que l’intérêt collectif doit primer”, poursuit l’édile. “Ici, nous proposons un projet collectif fondamental un quartier en manque d’écoles tout en préservant plus de 50 % de l’espace vert initial. Espace vert que l’on ouvrira au quartier alors qu’il est, pour l’instant, réservé aux habitants de l’îlot. Nous avons l’impression d’être taxés de grands bâtisseurs qui ne se soucient pas du développement durable, des espaces verts, etc. C’est tout l’inverse dans ce projet.”

Selon perspectives.brussels, le quartier Houba souffre en effet d’une grosse pénurie des places d’écoles : 250 en maternelle et 450 en primaire, “ceci en tenant compte de la construction de ce projet”, rappelle l’échevine de l’Instruction publique Faouzia Hariche (PS), qui précise que cette école sera d’abord pour les enfants du quartier : “77 % des enfants actuellement scolarisés dans le nord de Bruxelles sont originaires du quartier.”

Ces arguments et ce nouveau projet n’ont pas convaincu les opposants. Réponse mardi, à l’issue de la commission de concertation. Si le projet est accepté et que les riverains ne filent pas au Conseil d’État, l’école pourrait accueillir ses premiers élèves à la rentrée 2024.

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