La commune se réjouit du dialogue engagé entre les acteurs du milieu associatif encadrant l’activité prostitutionnelle dans le quartier nord, une délégation d’habitants, la zone de police ainsi que les services communaux. 

Cette initiative regroupant tous les acteurs dans un objectif d'apaisement est une première à Saint-Josse. Une charte de déontologie du secteur a vu le jour après un mois durant lequel la commune a mené un travail de concertation et de réflexion pour encadrer la prostitution dans le respect des habitants et des familles du quartier.

Au terme d’un débat "constructif, intense et respectueux", les autorités communales annoncent plusieurs avancées. Elles s'engagent à permettre la réouverture des carrées le 1er juillet prochain à condition que les travailleuses du sexe respectent strictement le protocole sectoriel avalisé par le ministre Ducarme (MR) ainsi que les membres du Gees.

De leur côté, les associations représentant les travailleurs et travailleuses du sexe s’engagent à sensibiliser l’ensemble du secteur au respect de la charte qui prévoit notamment : la fermeture des carrées entre 01h et 7h, l’interdiction de toute forme de racolage et de gestes ou comportement déplacés, l'interdiction d’exposer des objets de nature sexuelle en vitrine et la fermeture des carrées le dimanche et jours fériés entre 1h et 18h afin de respecter la vocation familiale et résidentielle de ce quartier.

La zone de police et le service prévention mèneront quant à eux un travail de prévention et de sécurisation pour tous, en vue d’apaiser les rues et permettre aux habitants de se réapproprier leur quartier. Des réunions trimestrielles seront menées pour évaluer le respect de la charte et pérenniser le dialogue initié.

"La concertation avec toutes les parties aura permis d'enrichir sensiblement le projet initial et de déboucher sur un accord final où la majorité des demandes sont intégrées. Les discussions ont été intenses, c'est une première d'avoir pu réunir l'ensemble des acteurs. Nous en ressortons avec des avancées pour tous avec cette charte, explique le bourgmestre Emir Kir. Nous avons également pu acter la réouverture des activités de prostitution au 1er juillet moyennant le respect du protocole sanitaire avalisé par le Ministre Ducarme. Je regrette à ce sujet l'absence de mesures claires de la part des autorités compétentes. Les communes ont dû avancer seules et en ordre dispersé ce qui a donné lieu à des situations différentes dans des communes parfois limitrophes."

L'Union pour les travailleuses du sexe organisées pour l'indépendance (Utsopi) se dit également satisfaite des réunions. "En cinq ans d'existence, on a toujours eu des rapports compliqués avec la commune. Ces dernières semaines, on a pu avoir un vrai dialogue, c'est un signal positif pour l'avenir, se réjouit Max Maes, porte-parole du collectif. Les filles sont très contentes de pouvoir reprendre le 1er car beaucoup vivent des situations de précarité extrême. Elles sont prêtes à s'adapter pour respecter le protocole. Nous allons maintenant devoir mener un gros travail de sensibilisation et de prévention des risques pour expliquer les mesures et leur utilité."