Bruxelles Elle a proposé un dossier auprès de l’Europe afin de pouvoir créer un laboratoire de carrières.

La commune de Schaerbeek se lance dans un projet de grande ampleur. Elle s’est portée candidate auprès du Fonds européen de développement économique et régional (Feder) afin de créer, un Career lab (laboratoire de carrière), un centre d’intégration socio-professionnelle pour les primo-arrivants, ces réfugiés arrivés il y a maintenant près de deux ans.

Schaerbeek est précurseuse en la matière. Elle a été la première commune, avec Molenbeek, à mettre sur place un Bureau d’accueil francophone pour primo-arrivants en Belgique. En une année, plus de 1000 personnes sur base volontaire ont ainsi suivi un parcours d’accueil composé de cours de langue orientés vie quotidienne, de cours de droits et de devoirs ainsi que de cours de citoyenneté.

Aider 500 personnes chaque année

Ces personnes ont désormais terminé leur parcours”, explique Vincent Vanhalewyn (Ecolo), échevin de la cohésion sociale à Schaerbeek. Il existe cependant trois freins principaux à leur intégration sur le marché de l’emploi. “On se rend compte que malgré ce processus d’accueil, le public est encore très loin du marché de l’emploi. Ce ne sont pas des gens infra qualifiés ou sans expérience professionnelle. La première difficulté, c’est l’équivalence de diplômes. Ensuite il reste le problème de langue. On leur a donné les bases de la langue quotidienne mais on est encore très loin en matière de langue orientée business. Enfin, le fonctionnement des institutions belges et bruxelloises est complexe. Nous avons Actiris, Bruxelles formation, le régional, le fédéral, le ministère de l’emploi, etc. Tout cela est déjà compliqué pour un Belge. Imaginez alors ce que cela peut être pour une personne qui arrive dans une structure d’accueil”.

Un budget de 4,5 millions serait nécessaire

La commune a introduit son dossier auprès du programme UIA (Urban Innovative Actions) du Feder il y a maintenant quelques semaines. Elle espère pouvoir bénéficier des 4,5 millions d’euros nécessaires à la réalisation du “Career lab”, qui s’étalerait sur trois ans. “En une année, nous pourrions aider 500 personnes sur base volontaire”, détaille l’échevin. “Nous leur proposerons un pack de base composé d’une formation en français langue étrangère orientée business, un accompagnement pour la validation de compétences mais aussi un accompagnement pour l’équivalence de diplômes”. Après quelques rencontres, le laboratoire de carrières proposera deux pistes au primo-arrivant. Celle de l'entrepreneuriat avec une aide administrative et celle de l’accompagnement plus classique de recherche d’emploi avec une aide pour les recherches, pour la rédaction du CV ou des lettres de motivations ainsi que des coachings pour les possibles entretiens.

Des partenariats économiques seront également mis en place avec des grandes entreprises publiques telles que la STIB. Des formations sont envisagées.

La commune de Schaerbeek devrait recevoir la réponse à son dépôt de dossier dans le courant du mois d’octobre. “Très peu d’entre-eux seront validés”, conclut Vincent Vanhalewyn. “En cas d’échec, ce travail de six mois n’est pas à jeter à la poubelle. Je compte bien prendre mon bâton de pèlerin et obtenir les subsides nécessaires pour mettre en place ce projet”.