Bruxelles

L’association bruxelloise "SOS Viol" aide les victimes de viols et leur entourage en apportant un suivi psychologique, un accompagnement social et une information juridique. Depuis 1995, l’ASBL est financée par la Cocof : une partie des subsides est accordée par le ministre de l’Action sociale et l’autre par le ministre en charge de la Santé.

Mais en avril dernier, le ministre bruxellois de la Santé, Benoît Cerexhe (CDH), a décidé de supprimer complètement le subside de 20 000 € qui devait être octroyé à "SOS Viol" en 2012. C’est un véritable coup de massue pour l’association qui a besoin de cet argent permettant à l’équipe de payer les frais de fonctionnement : loyer, chauffage, électricité, ordinateurs "Si on doit trouver un lieu plus petit pour nous héberger, on ne pourra plus recevoir les victimes de viol dans de bonnes conditions, c’est-à-dire dans des bureaux isolés assurant l’anonymat et la confidentialité" , déplore Catherine François, présidente de l’ASBL "SOS Viol". La raison invoquée par Benoît Cerexhe pour justifier la suppression des subsides est que la question du viol ne relève pas de la santé mentale mais uniquement de la compétence d’aide aux victimes. Cet argument a choqué Catherine François qui rappelle que le viol cause un traumatisme psychologique indéniable. "Le viol c’est la négation de l’autre. La frontière de l’enveloppe corporelle ayant été bafouée, l’atteinte de l’intimité de la personne est dès lors inévitable. Il ne s’agit pas seulement d’un manquement au respect du corps de l’autre, c’est aussi un envahissement complet de toute sa personne qui peut notamment entraîner une perte d’identité" , expose-t-elle.

Contacté par la présidente de "SOS Viol", la semaine dernière, le chef de cabinet de Benoît Cerexhe a assuré qu’ils verraient s’il reste de l’argent à la fin de l’année. "Mais on ne demande pas l’aumône , réagit Catherine François. Nous prenons de plus en plus de victimes en charge, notamment des femmes victimes de viol dans des pays lointains. Et les centres psychiatriques nous envoient des femmes violées parce que nous avons une expertise dans l’accompagnement des victimes. Nos subsides devraient donc être indexés, pas supprimés !" L’association qui ne bénéficie d’aucun don privé compte plus que jamais sur les pouvoirs publics pour continuer à assurer ses nombreuses et indispensables missions.