Le député Benoît Cerexhe (CDH) avance plusieurs pistes pour sécuriser les lignes.

Certaines lignes de la Stib seraient plus accidentogènes que d’autres. C’est du moins ce qu’il ressort d’une réponse écrite du ministre régional de la Mobilité, Pascal Smet (SPA), adressée au chef de groupe CDH au Parlement bruxellois, Benoît Cerexhe, qui l’interrogeait sur les accidents impliquant des véhicules de la Stib.

"De manière générale, on peut indiquer que la plupart des accidents se produisent à des endroits où le trafic est fortement chargé ou à des endroits ou la topologie joue un rôle, comme dans les rues étroites par exemple", résume le ministre Smet.

Dans sa réponse, il énumère les lignes ayant enregistré le plus grand nombre d’accidents au cours des 12 derniers mois. En ce qui concerne les bus, les lignes les plus accidentogènes sont la ligne 95 avec 130 accidents suivie de la 59 avec 113 accidents et de la 48 avec 109 accidents. Pour ce qui est du tram, c’est la ligne 81 qui arrive en tête avec 198 accidents suivie de la ligne 92 avec 159 accidents et de la 93 avec 143 accidents. "Il s’agit ici des accidents dans le sens très large du terme. Ainsi, un rétroviseur endommagé est aussi repris comme accident. La toute grande majorité de ces accidents n’ont eu pour conséquence que de la tôle froissée, donc sans aucun blessé", précise Pascal Smet.

Selon ce dernier, les points noirs du réseau en matière d’accidents sont l’avenue de la Couronne, la chaussée de Haecht et la chaussée de Wavre pour les bus. Pour le réseau de trams, on retrouve la rue Royale, l’avenue Louise et la chaussée de Gand.

Comme il s’agit, pour la plupart, d’axes commerçants, Benoît Cerexhe estime qu’il y a une réflexion à mener sur la cohabitation des transports en commun avec les autres modes dans les quartiers commerçants. "De nombreuses initiatives pour sécuriser et sensibiliser les conducteurs ainsi que le public sont déjà prises par la Stib, qui fournit de gros efforts en la matière. Mais il faut continuer à réduire les risques", estime l’humaniste.

Concrètement, ce dernier plaide pour des formations spécifiques à destination des chauffeurs utilisant des lignes transitant par ces quartiers commerçants ou autres tronçons plus délicats. "Il y a une forte pression sur les chauffeurs pour maintenir la vitesse commerciale. Mais il faudrait peut-être revoir l’ordre des priorités et privilégier la sécurité en appliquant une vitesse limitée sur certains tronçons", avance Benoît Cerexhe, qui prône également l’installation de barrières pour sécuriser les tronçons comportant le plus de risques.

Le chef de groupe CDH revient aussi sur la couleur controversée des véhicules de la Stib. La repeinture de la flotte, entamée en 2006, dans des couleurs métallisées gris-ocre aurait eu pour conséquence de rendre les véhicules moins visibles. Autre cause d’accidents évoquée : l’usage du GSM au volant. "La Stib doit se montrer intraitable vis-à-vis de ces pratiques", déclare Benoît Cerexhe.

De façon plus générale , notons que le nombre d’accidents impliquant des véhicules de la Stib est stable depuis plusieurs années, malgré l’augmentation du nombre de trajets. En 2014, 5.435 dossiers ont ainsi été ouverts contre 5.307 en 2010. Durant l’année 2014, 133 personnes ont été blessées au cours d’un accident impliquant un bus. Pour le tram, on a dénombré quatre personnes tuées et 117 blessés. Les chauffeurs de bus étaient reconnus entièrement en tort dans 23 % des cas tandis que les conducteurs de trams étaient en tort dans seulement 4 % des cas.

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