Devant la souffrance, on ne peut pas rester indifférent. On ne peut pas tolérer cette violence qui enlève toute dignité aux femmes qui la subissent."

Voila en quelques mots ce qui a motivé hier 300 marcheurs à Schaerbeek. C’est la deuxième année que la commune organise cet événement à l’occasion de la Journée internationale de la lutte contre les violences faites aux femmes. Et l’on peut dire que l’initiative est loin d’être anecdotique : "On ne le sait que trop peu, mais les violences conjugales sont la première cause de mortalité des femmes entre 16 et 44 ans en Europe. Chez nous, une femme sur huit en a déjà été victime", explique Afaf Hemamou, échevinne de l’Egalité hommes-femmes de Schaerbeek et organisatrice de l’événement.

Succès. Amnesty International Belgique, Ni putes ni soumises ou encore la Zaïroise et ses sœurs sont autant d’associations qui ont répondu présent lors de l’opération. "Il faut avant tout installer la médiation avec les victimes. Pour sortir de l’isolement du cycle de la violence, les femmes doivent connaître leurs droits, et pour protéger leur famille, elles doivent dénoncer l’auteur", selon elles.

Mais ce que les organisateurs espéraient par dessus tout, c’était la présence d’hommes. Et aux dires des nombreuses participantes, la manifestation a tenu toutes ses promesses : "Environ 30% des participants étaient des hommes. Tous arboraient le petit ruban blanc. C’est donc déjà une victoire. Mais c’est surtout le brassage ethnique qui a marqué les esprits. Toutes les cultures étaient représentées", explique Betty Batoul, directrice de l’ASBL Succès.

Une réussite donc. Et comme un écho à cette manifestation, Annemie Turtelboom (Open VLD), ministre de l’Intérieur, a déclaré hier qu’elle souhaitait renforcer la lutte contre la violence conjugale. Cela permettrait à la police d’effectuer des perquisitions pour saisir des armes lors d’informations faisant état de violence verbale et physique au sein d’un couple.