Bruxelles

S’inspirant de ce qui se pratique ailleurs, Anderlecht a adopté une taxe sur les hôtels, en juin. Elle a provoqué une violente salve du secteur. "Cette charge nous met dans des difficultés opérationnelles importantes", concède le big boss de l’un des neuf étoilés de l’entité.

Que nul ne se méprenne : aucun patron du monde hôtelier ne conteste le principe même de la contribution. On verra ci-contre et ci-dessous que la municipalité libéralo-socialiste a copié le système. Son montant, a contrario Pour 100 chambres, un triplement étoilé s’acquittera de 140 000€ l’an. Soit 1 400€ la chambre. Sauf, explique un contact peu désireux de mettre de l’huile sur le feu, que la somme, forfaitaire, ne tient pas compte d’un élément crucial : "L’attractivité d’un hôtel avenue Louise n’est pas aussi forte que celle d’un hôtel chaussée de Ninove ou chaussée de Mons !"

Qu’est-ce à dire ? Qu’indépendamment du tarif, le taux d’occupation n’a rien d’anecdotique. Ainsi, la taxe qu’applique Bruxelles-Ville (où l’inoccupation exempte de toute taxe) oscille-t-elle dans les mêmes eaux. Mais elle fait moins mal lorsque 90 % des lits sont loués.

Parlons-nous !, clament les maîtres d’hôtels en créditant l’échevin des Finances, Fabrice Cumps (PS), d’une bonne foi. Parce qu’outre une méconnaissance d’un secteur ayant déjà bouclé ses perspectives 2012, celui-ci est tout de même taxé d’avoir œuvré sans s’en référer au préalable à ceux-là même qui, aujourd’hui, s’insurgent.

Pire encore ! Un : en dépit de ses considérants, la taxe, "en contradiction avec le développement économique", risque de freiner tout nouvel apport hôtelier, alors que chacun s’accorde à voir le tourisme comme vecteur d’emplois. "Si les hôtels partent, la commune perdra tout !"

Deux : il nous revient que le maïeur "himself" s’était trop vite avancé en déniant tout projet taxatoire. Pas mieux pour que les hôteliers tombent des nues ! D’autant que ceux-ci savent que le forfait saint-gillois baisse, qu’à Saint-Josse un 3 étoiles coûte 900€/chambre/an ou qu’un 5 étoiles, à Saint-Lambert va chercher dans les 1 000€ par chambre.

Vouée à la défense des hôteliers bruxellois, la BHA (Brussels Hotels Association) a mis les gants pour commenter "l’exception anderlechtoise", qualifiée de "préoccupante" par Rodolphe Van Weyenbergh, son secrétaire général. Et celui-ci de se borner à concéder que "c’est bien la seule commune où les choses se passent de la sorte". Si fort quand même qu’en son nom, la BHA exhorte la commune à un "retour à la raison". L’appel sera-t-il entendu pour la saison 2012 ? "Nous avons dû nous creuser la nénette pour parvenir à un budget équilibré, explique l’échevin des Finances, Fabrice Cumps. Nous avons regardé ce qui se faisait ailleurs. A Anderlecht, nous totalisons neuf hôtels, surtout des trois étoiles. Nous avons opté pour le modèle forfaitaire de Saint-Gilles. En restant 200 à 300€ en dessous. Un trois étoiles de moins de 100 chambres, c’est 1 400 par chambre et par an. Pour un cinq étoiles de plus de 100 chambres, ça revient à 2 500€ la chambre par an. Sur un exercice complet de douze mois, cette taxe rapportera 720 000€. Une concertation avec le secteur paraissait a priori difficile, une nouvelle taxe faisant toujours des mécontents. Entre-temps, le bourgmestre, l’échevine des Classes moyennes et moi, nous les avons rencontrés. Pour 2011, rien ne bougera. Mais pour 2012 et après, je veux bien discuter avec eux. Pour autant qu’ils proposent un mécanisme de contrôle facile et fiable "