Bruxelles

Suite à l'article publié ce mardi matin dans nos colonnes et évoquant une taxe de roulage de 12 euros par jour à Bruxelles, Benoit Cerexhe a tenu à réagir. Pour le chef de groupe du cdH au Parlement bruxellois, cette piste est, comme toutes les autres d'ailleurs, "tout à fait inadaptée, puisqu'elle pénaliserait très lourdement celles et ceux qui font le choix de vivre à Bruxelles."

Après avoir rappelé que la question a déjà occasionné maints débats au Parlement régional, et que les experts avaient alors conclu que "la simple édification d’un péage urbain entraînerait immédiatement, sans préjuger d’effets à moyen et long terme, un transfert de 5% de l’emploi bruxellois vers l’hinterland de la Région, soit au minimum 36.000 emplois perdus, rien que dans le court terme", Benoit Cerexhe explique qu'il privilégie plutôt une tarification kilométrique "dite intelligente qui ne pénalise ni les familles qui possèdent aujourd’hui une ou plusieurs voitures, ni celles et ceux qui n’ont d’autres possibilités d’utiliser une voiture pour assurer leurs déplacements professionnels ou autres."

Concluant sur le côté indispensable de la voiture, Benoit Cerexhe termine ce communiqué posté sur sa page Facebook en demandant d'arrêter "de voir dans l’automobiliste la vache à lait ou l’acteur de comportements inappropriés" et d'encourager "au contraire de manière positive le transfert modal et l’abandon de l’automobile pour des trajets que l’on pourrait aisément accomplir par d’autres modes de déplacement."

De Lille ne veut pas "un bazooka pour tuer une mouche"

Le secrétaire d'État bruxellois à la Mobilité, Bruno De Lille (Groen), maintient sa préférence pour un péage urbain à tarif modéré, en dépit d'une étude selon laquelle un prix de 12 euros par jour serait optimal. Il ne veut pas "utiliser un bazooka pour tuer une mouche". La Libre Belgique fait état mardi d'une étude du bureau Stratec, commanditée par le gouvernement bruxellois pour examiner des solutions de désengorgement automobile. "Je ne tire pas les mêmes conclusions que l'article", a réagi mardi matin M. De Lille, qui précise que l'étude ne sera présentée que d'ici deux semaines.

Le secrétaire d'État maintient qu'une tarification à trois euros, privilégiée jusqu'à présent, serait plus favorable. Un tarif de douze euros permettrait certes d'augmenter les recettes, mais son "effet sur la mobilité n'est pas tellement grand".

M. De Lille se veut "très clair": "ce n'est pas une mesure financière, mais une mesure de mobilité. Pour moi, ça ne peut pas être une nouvelle taxe". Il privilégie un "glissement de la taxation de la possession vers l'utilisation de la voiture", car "quelqu'un qui utilise sa voiture tous les jours pèse beaucoup plus que celui qui l'utilise le samedi matin pour aller au Colruyt".

Les moyens récoltés devront être réinvestis dans les transports publics, poursuit-il, en se déclarant confiant dans la capacité d'offrir rapidement des solutions de mobilité alternatives. "D'abord des bus, puis d'autres moyens", dit-il, citant Londres en exemple.

Cette réorientation de la fiscalité automobile devra être examinée par le prochain gouvernement bruxellois, à l'aune des nouvelles compétences qui lui seront dévolues par le réforme de l'État. Les autorités de la capitale sont par ailleurs en discussion avec les Régions wallonne et flamande en vue de l'instauration d'une taxation au kilomètre. Elles seront amenées à choisir entre les deux systèmes, à opter pour une combinaison ou à envisager d'autres pistes.