"Chaque année, les femmes mandataires CDH se mobilisent pour la Journée mondiale des femmes, le 8 mars. Mais cette année a germé dans mon esprit l’idée d’élargir les débats et de les délocaliser", sourit Céline Fremault (CDH), députée bruxelloise. Le groupe CDH a donc lancé du 2 au 8 mars une "Semaine internationale de la femme" à Bruxelles et en Wallonie sous le vocable clin-d’œil "Tout le monde il est belle !".

"Un nombre infini d’expressions populaires sont exclusivement masculines et véhiculent donc un certain nombre de stéréotypes en matière de genre. La plus connue étant 'Tout le monde il est beau’. J’ai donc décidé d’en faire le concept 'Tout le monde il est belle’", s’amuse Céline Fremault. Diverses thématiques ont ainsi été abordées tout au long de la semaine : les mariages forcés à Bruxelles, les femmes et les médias à Charleroi, l’agriculture au féminin à Dinant, etc.

Et ce dimanche 8 mars, à moins de cent jours du scrutin régional, Céline Fremault et la présidente du CDH Joëlle Milquet seront au Marché du Midi pour distribuer quelque 10 000 flyers reprenant trois thématiques prioritaires pour les femmes d’aujourd’hui et de demain à Bruxelles : l’emploi, la santé et le logement. Avec une attention toute particulière pour les femmes seules.

En matière d’emploi, "l’écart salarial entre hommes et femmes reste un problème avec 15 pc d’écart pour les temps pleins et 25 pc entre temps pleins et mi-temps", rappelle Joëlle Milquet. "Surtout, à fonction égale les femmes sont moins bien payées, ce qui est inacceptable !" Si des avancées ont été réalisées dans ce domaine, les femmes éprouvent encore trop souvent des difficultés à concilier vies professionnelle et familiale. Le CDH propose ainsi "d’intensifier la création de place d’accueil de la petite enfance" et de développer un "plan pour l’accueil atypique : accueil flexible, 24 h/24, d’enfants malades, etc." Céline Fremault relève encore : "on constate cinq fois plus de chômage chez les femmes seules qu’en couple".

Voilà pourquoi le CDH plaide pour un accueil personnalisé de ces femmes dans les Maisons de l’emploi. Le groupe suggère aussi de créer un Centre de l’entrepreunariat féminin ou encore de multiplier les formations créatrices d’emploi et de les adapter en fonction des horaires scolaires et du lieu du domicile.

"A Bruxelles, la spécificité est le mal logement des familles monoparentales", déplore la députée CDH. "Ainsi, 56 pc des femmes chefs de famille et locataires peuvent consacrer jusqu’à 30 pc de leur budget pour payer le loyer. Elles vont donc rogner sur d’autres types de dépenses, à savoir leur propre alimentation et leurs propres soins de santé". Le CDH souhaite donc étendre le système de l’allocation-loyer. Il propose en outre d’accroître le nombre de logements sociaux de grande taille mais aussi pour les femmes victimes de violences. Il plaide également pour mettre en place un "Plan 2009-2014 de logement de transit et d’urgence".

Par ailleurs, les difficultés que rencontrent les femmes ont un impact sur leur santé. "Selon diverses études, 20 pc des femmes souffrent de troubles du sommeil", indique Céline Fremault. "De plus, 38 pc des femmes déclarent que les dépenses en soins de santé sont trop lourdes à assumer pour elles, contre 20 pc pour les hommes; et près de 15 pc des femmes confient avoir dû sacrifier des soins de santé (7 pc pour les hommes)". Enfin, de plus en plus de femmes souffrent de troubles alimentaires (anorexie/boulimie); n’effectuent pas le dépistage du cancer du sein, etc. Autant de problèmes que le CDH souhaite endiguer via une meilleure prévention des troubles alimentaires; une meilleure information sur le dépistage du cancer du sein; un dépistage systématique tous les trois ans, dès 25 ans, du cancer du col de l’utérus, etc.