Une trentaine de personnes se sont réunies ce dimanche matin au square Meudon, à Woluwe-Saint-Lambert. Elles ont répondu à l'appel de Philippe de Menten, architecte et père de famille qui avait déclaré vouloir se rebeller pour la première de sa vie . L'objectif : permettre aux jeunes de "retrouver des formations, des études en présentiel, des mouvements de jeunesse sans restriction, des entreprises qui les accueillent, mais aussi de se retrouver eux".

Dans son cercle tracé à la craie bleue, Pierre montre ses trois petits-enfants en train de s'amuser. "En tout, j'en ai huit. Je suis là aujourd'hui parce que j'ai peur qu'ils ne restent enfermés ainsi encore longtemps." Une bulle plus loin, Joséphine, 15 ans, tenait aussi à être présente ce matin. "A notre âge, les membres du gouvernement ont pu vivre leur vie. On a envie de faire des choses, de découvrir le monde mais on ne peut plus rien faire."

Conscients de la portée uniquement symbolique de leur action, les adultes présents demandent au gouvernement une meilleure prise en compte des plus jeunes dans leurs politiques. "Je suis une maman de deux ados et d'un étudiant qui devient clairement dépressif à force de ne plus pouvoir rien faire. Il ne sort quasi plus de sa chambre. On sait que cette action aura peu d'impact mais on tenait à être là pour rappeler que les jeunes souffrent énormément de la situation actuelle" , explique Christina.

Saint-Valentin oblige, Anne et Michel ont remplacé le cercle par un cœur approximatif. "On est là pour les jeunes qui sont en perdition. Nous, on est vieux donc on supporte plus facilement les mesures mais les jeunes sont à plaindre. Ils gardent des contacts via les réseaux sociaux mais n'ont plus de vraies relations sociales. C'est un problème majeur de ne pas pouvoir vivre des expériences et de n'avoir plus rien à se raconter."

Quelques mètres plus loin, Isabelle et son fils, étudiant, plaident pour la réouverture de certaines activités sociales. "En tant que parent, j'estime qu'il est temps qu'on lâche un peu du lest pour nos enfants. Ils n'ont plus de vie sociale et je vois bien que ça entraîne une baisse de morale. L'année passée, les camps se sont admirablement bien passés donc je ne vois pas pourquoi on ne permet pas la réouverture des mouvements de jeunesse, activités sportives, etc."