Jette accueillera le premier centre de la région bruxelloise spécialisé dans l’accueil des personnes autistes d’ici deux à trois ans. Quinze "personnes handicapées autistes adultes de grande dépendance" y trouveront une place. Un centre d’hébergement - trois appartements de cinq personnes - et un centre de jour seront construits sur deux terrains différents à partir de l’an prochain. Le projet devrait donner de l’emploi à une vingtaine d’équivalents temps plein. Le Centre travaillera aussi avec le Sasu, Service universitaire spécialisé pour personnes avec autisme.

Le manque de places est criant à Bruxelles : au moins 200 autistes et leur famille sont en attente d’un tel centre. Sa création est loin d’être chose aisée. Entre la recherche de financement - 250 000 euros sont toujours manquants - et les terrains, les difficultés se multiplient. "Nous avions un projet d’implantation avec la SDRB (Société de développement pour la Région bruxelloise) à Molenbeek. Mais pour des raisons indépendantes de nos volontés, le projet n’a pas abouti", explique François-Xavier Ullens, instigateur de la Coupole bruxelloise de l’Autisme.

Des contacts ont donc été pris avec toutes les communes pour trouver de nouveaux terrains. Seule Jette s’est montrée intéressée. La commune a acquis deux terrains situés rue Esseghem pour les mettre à disposition de l’association. Un accueil chaleureux, à l’image de ce qui est également attendu de la population locale. "Le quartier est très populaire, avec un fort tissu associatif", précise Hervé Doyen (CDH), bourgmestre de Jette. "On sent vraiment ici la volonté réciproque de collaborer", pointe François-Xavier Ullens.

Vers plus d’autonomie

L’objectif du centre est d’accueillir et de "faire vivre" les autistes. "Comme tout le monde, les autistes iront travailler le jour au centre de jour avant de revenir chez eux le soir", souligne François-Xavier Ullens. L’un des grands axes du projet est l’autonomisation des autistes. "Nous voulons inverser les rôles dans un centre. On veut que les éducateurs soient là pour aider les handicapés à faire les choses eux-mêmes, comme se laver ou faire les courses", poursuit-il.

Mais ces quinze" places qui verront le jour ne sont qu’une éclaircie. Au moins 185 autres personnes sont en attente "Dès aujourd’hui, on a besoin de travailler sur des projets pour le futur", conclut Evelyne Huytebroeck (Ecolo), ministre de la Politique d’Aide aux personnes handicapées à la Cocof.

Ma. S. (st.)