Le premier musée du genre en Belgique a ouvert ses portes ce samedi 12 octobre.

À l’instar de Londres ou New York, Bruxelles va avoir son musée de la migration, baptisé MigratieMuseumMigration. Ce projet, porté par l’ASBL Le Foyer, retrace, par le biais de l’interaction et d’histoires personnelles, l’histoire de la migration dans la capitale belge depuis 1946. "Que voit quelqu’un qui habite à Bruxelles ? La diversité. C’est ça qu’on veut faire vivre. Avec des matériaux simples et des expériences, c’est l’histoire de la multiculturalité, des gens simples, qu’on veut raconter", explique Loredana Marchi, directrice du Foyer.

Trois parties pour détailler l’histoire

Le musée, qui peut être visité individuellement, en groupe et en classe (sur réservation), est divisé en trois parties. Au deuxième étage, l’épave d’un bateau chargé de migrants arrivés à Lampedusa, en Italie, a été transformée en œuvre d’art. Il est entouré d’objets que des centaines de personnes ont croisés sur leur route, comme des fils barbelés ou des gilets de sauvetage. Cette exposition, intitulée De la douleur à l’espoir a été réalisée par l’artiste Elia Li Gioi, artiste engagé pour l’intégration sociale, l’alphabétisation, la promotion de la culture et de la solidarité. Pour le Foyer, cette partie du musée vise à "montrer la réalité de la migration actuelle".

Au premier étage, une ligne du temps retrace l’histoire de l’immigration à Bruxelles et aborde de nombreux faits historiques. L’accord entre les gouvernements belge et italien, espagnol, grec, marocain et turc sur les "travailleurs invités", la catastrophe du bois du Cazier, le regroupement familial, les boat people vietnamiens, la pression sur les CPAS, l’ouverture du Petit Château comme centre d’accueil pour les demandeurs d’asile, l’impact de la présence des institutions européennes… "L’immigration est un sujet où l’émotionnel prend autant de place que le rationnel. Nous aimerions qu’il soit remis dans un contexte de justice sociale. Pour nous, le message, c’est que l’immigration a façonné Bruxelles", souligne Loredana Marchi.

Près de cette ligne du temps, des centaines d’histoires se côtoient, mélangeant les récits de réfugiés, de personnes nées en Belgique et issues de la deuxième génération, de personnes nées à l’étranger et arrivées en Belgique quand elles étaient enfants… Comme celle d’Ali, qui a construit le métro bruxellois, Sarah, femme de ménage d’une riche famille belge, ou encore celle d’Anne Morelli, aujourd’hui professeure à l’ULB. Chaque histoire est couplée à des photographies, des documents officiels, des objets personnels qui donnent une dimension personnelle à l’histoire de l’immigration en Belgique. "C’est un projet de cohésion sociale. On voulait partir de quelque chose de concret, notamment pour combattre les préjugés et susciter le débat. Le patrimoine migratoire de Bruxelles est un patrimoine social qui appartient à tout le monde. Et il est temps que chacun se le réapproprie", glisse encore Loredana Marchi. Les histoires exposées dans cette pièce changeront tous les quatre mois. Une vitrine vide est d’ailleurs dédiée aux "histoires à partager" que les visiteurs peuvent laisser au musée.

Une expérience plus qu’un musée

Enfin, le rez-de-chaussée - "c’est la partie la plus importante" - se compose d’installations interactives et d’un petit hémicycle où des discussions auront lieu, en fin de visite. "Ce musée, c’est plutôt une expérience qui vise à mettre des histoires en commun pour en créer de nouvelles. Un des objectifs, c’est de redonner aux gens leur fierté. La fierté de leurs origines, la fierté d’être intégré dans notre société", conclut Loredana Marchi.Sarah Freres

>>> Plus d’infos : www.migratiemuseummigration.be