Elke Van den Brandt (Groen) veut étendre les vélos et trottinettes en freefloating sur l’ensemble du territoire régional.

Avec près de six mois de retard sur la date initiale, la firme française JCDecaux a déployé 1 800 Villo électriques dans Bruxelles ces jeudi et vendredi (voir page 36). Ces eVillo remplaceront 1 800 autres Villo mécaniques. La flotte Villo reste donc à 5 000 pour Bruxelles, dont un tiers en électrique donc. Pour pouvoir les utiliser, il faut louer une batterie via l’application Villo. Son coût : 4,15 € par mois. La batterie est livrée chez vous. D’une autonomie de 8 à 10 kilomètres et de la taille de deux gros smartphones, cette batterie se recharge via un port USBC.

Elle peut aussi faire office de chargeur portable de smartphone. L’utilisateur garde la batterie sur lui. Pour utiliser son eVillo, il doit simplement placer la batterie dans l’emplacement adéquat, à l’avant du vélo. L’assistance électrique s’arrête dès que le vélo atteint 25 km/h. Par ailleurs, un voyant lumineux et sonore se met en marche lorsque le vélo dépasse les 30 km/h.

"Cette nouvelle flotte d’eVillo peut également être utilisée comme simple vélo mécanique", précise le directeur général adjoint de JCDecaux Belgique Jérôme Blanchevoye. Autrement dit, on peut rouler avec même sans la batterie. JCDecaux ne prévoit a priori pas d’étoffer son offre d’eVillo, "sauf si nous croulons sous les demandes. Mais, selon les études que nous avons menées auprès de nos utilisateurs, nous préférons leur laisser la liberté de choisir entre l’abonnement eVillo ou l’abonnement classique".

Des panneaux publicitaires remplacés par des panneaux digitaux

En échange de ce déploiement électrique, JCDecaux a pu remplacer 200 panneaux publicitaires de 2 m2 par des panneaux digitaux (de même taille). Pour mémoire, JCDecaux a déployé 5 000 Villo sur l’ensemble du territoire de la Région bruxelloise contre l’installation de 600 panneaux publicitaires de 2 m2 et 75 panneaux publicitaires de 8 m2.

Sur les bénéfices réalisés, JCDecaux rappelle que la Région bruxelloise audite la société annuellement. "S’il s’avère que JCDecaux dépasse un certain bénéfice, nous avons l’obligation d’investir. Depuis le début de notre relation avec la Région, nous n’avons jamais dépassé ce plafond. Au contraire, JCDecaux a pris un risque, celui de générer un revenu publicitaire qui n’existait pas et de développer la concession de vélos en libre-service. Je tiens également à rappeler que nous avons fait une offre fin 2008, juste avant la crise économique. Nous avons beaucoup souffert sans jamais avoir remis en cause la qualité du service."

Jérôme Blanchevoye s’étonne également des calculs du député bruxellois Christophe De Beukelaer (dans La Libre d’hier). "Je suis surpris car je n’arrive pas à ses conclusions. Quand bien même, nous ne supportons pas les mêmes contraintes. JCDecaux emploie 40 personnes en CDI. Jump, ce n’est pas le même modèle économique. Le CDH compare un peu des choux et des carottes…" Quant au taux d’utilisation des Villo, jugé faible par le CDH, "il serait bien plus important si on n’exploitait que les communes où le taux d’utilisation est le plus élevé. Nous assurons une mission de service public, celle d’offrir un service identique à tous les Bruxellois, sur l’ensemble du territoire".

À terme, "des vélos et trottinettes en freefloating pour tous les Bruxellois"

Bruxelles La ministre bruxelloise en charge de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen) s’est réjouie de ce déploiement d’eVillo hier. "Nous voulons offrir aux Bruxellois un maximum d’alternatives à la voiture personnelle et pour cela, il faut soutenir l’innovation. C’est pour cela que nous investissons dans de meilleures infrastructures cyclables et nous lançons l’offre électrique de Villo." Elle a également réagi à la sortie, hier dans La Libre, de la société bruxelloise Billy Bike - les vélos bleus en freefloating. "Notre objectif, à terme, est de faire en sorte que l’offre en micromobilité - trottinettes et vélos en freefloating - soit disponible sur l’ensemble du territoire bruxellois. À Bruxelles, l’offre de transport s’est énormément améliorée, et va encore s’améliorer. On voit qu’il y a un changement culturel : les gens veulent se réapproprier la ville. Et ils s’identifient de moins en moins à un seul moyen de transport et particulièrement la voiture. Nous avons tenu une réunion récemment avec tous les opérateurs privés. Ce fut très constructif. Tous n’ont pas les mêmes attentes, les mêmes besoins, les mêmes problèmes. À nous tous, donc, de travailler ensemble pour soutenir toutes les alternatives à la voiture particulière." JCDecaux s’inscrit, elle aussi, dans cette démarche. "Plus il y aura d’alternatives à la voiture particulière, plus on pourra inciter les gens à changer leur mode de vie. Opposer les modes de transport alternatifs les uns aux autres est contre-productif", note Jérôme Blanchevoye, en réponse à la sortie du CDH sur ce sujet.