La Ville mise désormais sur la prévention pour assurer la propreté publique.

Il est 8 h 30 ce lundi et la première "équipe de respect" de la commune commence sa ronde dans la rue du Cloître à Laeken : "Bonjour, ici le service de propreté de la Ville de Bruxelles, pouvez-vous descendre un instant ?" Une trentaine de secondes plus tard, la porte s’ouvre sur une riveraine encore en pyjama. "Pouvez-vous nous dire où est-ce que vous déposez habituellement votre sac blanc ?" L’objectif : rappeler aux Bruxellois(es) les règles en matière de propreté publique et leur présenter leurs balayeurs de quartier.

Miser sur la prévention

La problématique des dépôts clandestins reste en effet un enjeu très actuel, malgré les politiques répressives mises en place par la Ville. Actuellement, la commune fait patrouiller des agents en civil sur son territoire. En duo, ces derniers verbalisent les citoyens en infraction. Chaque année, le nombre d’amendes augmente : il est passé de 5 020 en 2016 à 7 211 en 2018. "Ça rapporte de l’argent mais ça ne décourage pas les gens de déposer clandestinement des dépôts sur la voie publique. Or, l’objectif est d’arriver à ce qu’il n’y ait plus de déchets clandestins en rue." Zoubida Jellab (Écolo) a donc décidé de changer de tactique. Désormais, l’échevine de la Propreté publique mise sur la prévention.

Des équipes de respect

À l’image des contrôleurs de la Stib, visibles et en nombre, des agents de la commune feront du porte-à-porte dans des quartiers stratégiques de la commune. Médiateurs et balayeurs de rue forment des équipes de respect. "La propreté publique est avant tout une question de respect. Pour soi, pour ses voisins et pour le travail fourni par les balayeurs."

Après une semaine de rodage dans un quartier assez calme, les agents s’attaqueront aux zones les plus problématiques de la commune, comme le quartier Bockstael ou les Marolles. "Les gens tendent à déposer leur sac au pied des arbres alors qu’il doit être mis le long de la façade. Et puis certains oublient d’attacher leurs cartons, donc Bruxelles Propreté ne les reprend pas et on doit s’en occuper nous-mêmes."

Une responsabilité citoyenne

Chaque année, la commune doit ainsi évacuer 1 800 tonnes de déchets, ce qui lui coûte 200 000 €, sans compter les coûts logistiques et de personnel. "En rappelant les bonnes pratiques et en donnant un visage aux balayeurs de rue, trop souvent invisibilisés, on veut que les gens prennent conscience que la propreté reste avant tout une responsabilité citoyenne et qu’il suffit que chacun y mette du sien pour rendre la ville plus propre", conclut Zoubida Jellab.