Annonce surprise dans la boîte mail des parents d'élèves de primaire du Collège Saint-Michel ce vendredi soir. Suite au testing organisé le jeudi 28 janvier pour les membres du personnel de l'école primaire, cinq personnes - dont trois enseignantes - ont été diagnostiquées positives au coronavirus.

Dès lors, "il est vivement demandé à tous les élèves de se faire tester, dès ce samedi 30 janvier". Conséquence ce samedi après-midi : une file qui n'en finit plus de s'allonger devant le centre de testing situé à Mérode.

"C'est un peu de la communication de dernière minute", nous glisse un couple attendant dans la file depuis vingt minutes avec ses enfants de deuxième et troisième primaire. "Le pire c'est que nous n'avons pas le choix puisqu'il faut sept jours entre le premier et le deuxième test, et celui-ci est prévu vendredi prochain à l'école, il fallait donc obligatoirement venir aujourd'hui".

Plus loin, un père patiente en milieu de file avec sa fille de 5e primaire. Celui-ci pointe également un souci d'organisation. "On nous donne un horaire déterminé en nous demandant bien de ne pas venir à l'avance, puis finalement cela fait déjà 25 minutes que nous attendons. Cela n'est pas normal". Au-delà de l'organisation, celui-ci pointe également certaines incohérences. "Ce que je ne comprends pas c'est que l'on n'arrête pas de nous dire que les enfants ne sont pas de grands vecteurs de la pandémie puis du jour au lendemain, ils doivent tous se faire tester. Il faut que l'Etat reste cohérent", relève-t-il.

Les cours sont suspendus pour tous les élèves de primaire ce lundi 1er février. À l'heure actuelle, il est prévu qu'ils reprennent mardi.

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Problème de communication

Cet évènement vient couronner une semaine lors de laquelle différents reproches ont été adressés au ministre bruxellois de la Santé Alain Maron (Ecolo) concernant sa gestion des infections au collège Saint-Michel.

Les directeurs du collège Saint-Michel, des hôpitaux publics d'Iris Sud et le bourgmestre d'Etterbeek Vincent De Wolf avaient en effet adressé ce vendredi un courrier au ministre, pour lui faire part de leur mécontentement face à la décision de ne plus recourir à HIS (hôpitaux Iris Sud) dans le dépistage des élèves et professeurs du collège alors que celui-ci était en cours.

"Alors que les opérations auraient dû se poursuivre, jeudi après-midi et vendredi, avec l'ensemble des élèves, nous apprenons que vous refusez strictement la poursuite des opérations et de limiter la possibilité de dépistage auprès du seul centre installé à Mérode. Nous sommes stupéfaits de cette décision qui s'est faite sans concertation et sans dialogue. Celle-ci a plongé l'ensemble des équipes médicales et logistiques de l'hôpital HIS dans un profond désarroi. Il en est, de même, des équipes du centre scolaire Saint-Michel qui s'étaient, tout autant, mobilisées", ont notamment écrit le bourgmestre d'Etterbeek Vincent De Wolf, ainsi que les directeurs du collège Saint-Michel, Benoît Gallez, et d'HIS, Jean Spinette.

Le ministre bruxellois de la Santé a démenti ces affirmations via un communiqué vendredi soir. "Il n'a jamais été question de refuser les opérations de testing par les équipes de HIS et il est grave d'affirmer le contraire", a-t-il déclaré.

"Dès mercredi, l'ensemble des parents des élèves concernés avaient été informés par le PSE - légalement en charge de cette mission - des dispositions prises par la Cocom (Commission communautaire commune, NDLR) pour permettre le testing des élèves au centre Mérode, à proximité immédiate du Collège St-Michel. La direction de l'école en a bien sûr été informée", a assuré M. Maron.

Face à la forte affluence de ce samedi, le bourgmestre d'Etterbeek a réitéré, sur Twitter, sa demande à la Cocom de "solliciter l'appui du réseau hospitalier HIS qui dispose d'une capacité de testing de 1.100 personnes par jour".