Les ruches des zones Natura 2000 sont épargnées. Le ministre de l'environnement Alain Maron (Ecolo) avait annoncé, en décembre 2019, la suppression des ruches dans les zones Natura 2000 (deux zones à Bruxelles : à Woluwe-Saint-Pierre et Jette) s’appuyant sur le fait que les ruches, et donc les abeilles dites domestiques, représentent un risque pour les populations sauvages à Bruxelles. Il s'est rétracté et l'a fait savoir par courrier à la Société royale d'apiculture de Bruxelles et ses environs (SRABE).

En septembre, "nous souhaitons rassembler tous les acteurs du secteur dans un débat serein et prendre ensemble des décisions adéquates, explique le cabinet de l'élu écologiste. Nous voulons nous pencher sur cette question de la compétition alimentaire entre abeilles sauvages et domestiques et entendre tous les protagonistes (les scientifiques, les apiculteurs et naturalistes)".

Les apiculteurs sont très heureux de cette proposition de table ronde. Les apiculteurs bruxellois, représentés par L’ASBL "Bruxelles m'abeille" depuis 125 ans, s'étaient émus de cette décision. "Nous n'avions pas été consulté, indique Roland Jacobs, chargé de communication de l'association. Les populations des insectes déclinent mais l'abeille en ville ne se porte pas trop mal même s'il est vrai que le cocktail manque d'habitat et pollution a un effet sur les populations. Bruxelles n'est pas Paris. C'est beaucoup plus vert. les pollinisateurs doivent être défendus mais nous ne pensons pas que les ruches soient les responsables de la diminution des populations d'abeilles sauvages" .

L’ASBL avait récolté 1500 signatures lors de sa pétition. Elle est de ce fait la première pétition de moins de 5000 signatures à pénétrer le Parlement bruxellois.

Jonathan de Patoul député bruxellois (Défi) et vétérinaire de profession s'est également interrogé sur la "décision hâtive" du ministre : “Sur quelle base avait-t-on pris cette mesure ? Cela manque de rigueur scientifique. Nous n’avons pas de chiffres, d’étude bruxelloise sur les populations méllifères qui concurrencent les abeilles sauvages. qui regroupent d’ailleurs les abeilles solitaires, bourdons, osmies, andrènes...”

Pour l'élu, également conseiller communal de Woluwe-Saint-Pierre, il ne peut y avoir concurrence car ce sont des espèces différentes qui ne se nourrissent pas des mêmes fleurs. “Le problème des populations d’abeilles sauvages vient peut-être des ressources florales qui ne sont pas suffisantes pour toutes les abeilles.

Et de poursuivre: “En premier lieu, il faut un cadastre des apiculteurs bruxellois et de la localisation de leurs ruches. Et pourquoi pas un permis d’apiculteur ?” A l'annonce de la décision de se pencher sur la question des abeilles à Bruxelles, Jonathan de Patoul, lâche "c'est une bonne nouvelle". Toutefois il promet de suivre le dossier.