L'un des architectes du bureau à l'origine de l'immeuble d'appartements censé s'ériger à la place de la maison de l'avenue de Tervueren est également membre de la CRMS… qui devra donner ou non son feu vert au projet.

La volonté de la conseillère communale et présidente du CPAS etterbeekois Françoise Bertieaux (MR) de vendre une maison du 19e siècle située au n°28 de l’avenue de Tervueren à une société immobilière qui projette de la raser, s'est heurté à une levée de boucliers. Le projet de construction d’un immeuble de 8 étages en lieu et place de cette demeure inscrite à l’inventaire du patrimoine de la Région bruxelloise a soulevé une franche opposition de la part de mandataires politiques, de riverains et d’associations. Pour ces opposants au projet, il s’agirait d’une énième profanation du patrimoine bruxellois.

Mi-janvier, la commission de concertation -qui réunit des représentants de l’autorité communale et régionale- avait décidé de reporter son avis, et de demander, avant de le formuler, ceux de la commission royale des Monuments et des Sites, ainsi que de la Stib pour les questions liées à la mobilité et à l’accès au futur bâtiment. La nouvelle commission de concertation devrait avoir lieu à la mi-février.

Mais depuis lors, certains riverains craignent un conflit d'intérêt dans ce dossier car l'un des architectes du bureau à l'origine de l'immeuble d'appartements censé s'ériger à la place de la maison art-déco est également membre de la CRMS qui doit donner son feu vert au projet. En effet, l'architecte Christian Sibilde qui a fondé le bureau DDS & Partners figure bel et bien parmi les 18 membres de la commission.

La présidente de la CRMS estime cependant qu'il n'y a aucun risque que l'architecte puisse influencer l'avis de la commission. Des règles ont été mises en places pour ce type de cas de figure. "Les 18 membres de la commission sont des experts ayant encore de la pratique. La plupart de nos membres travaillent donc comme architecte, décorateur, urbaniste et historien dans des bureaux d'étude. Lorsqu'un membre est impliqué dans un dossier que la commission traite, il ne peut assister à aucune réunion concernant ce dossier. Notre déontologie est très stricte de ce point de vue là", estime Marie-Laure Roggemans.

Cette dernière indique que des projets portés par des membres de la CRMS sont d'ailleurs régulièrement bloqués par la commission.