La mobilité bruxelloise a une nouvelle fois été au centre des débats politiques, cette semaine. Le ministre-Président bruxellois, Rudi Vervoort (PS), était resté discret. Il commente l’actualité récente.

Quel est votre avis sur l’étude Stratec préconisant un péage à 12 euros à l’intérieur des 19 communes bruxelloises ?

La somme de 12 euros est socialement imbuvable et il n’appartient pas aux Bruxellois d’assumer seuls le coût du péage. Les chiffres montrent que les habitudes des Bruxellois ont changé : on utilise de moins en moins la voiture. Le problème vient surtout de la navette. Un phénomène lié au manque d’alternatives à la voiture.

Le PS reste toutefois favorable à une taxation de l’automobile.

Oui, mais dans l’espace métropolitain. Il n’est pas question d’imaginer un péage intra-muros car il serait destructeur pour notre économie. Nous préconisons un système qui se substitue à la taxe de circulation et qui soit lié à l’usage de la voiture. Par ailleurs, il ne faut pas un système qui touche indistinctement les Bruxellois et ceux qui viennent des autres régions.

Péage ou taxation au kilomètre ?

Je préfère une taxation au kilomètre. Il est logique que celui qui roule plus paye plus.

Même si c’est impossible à moyen terme ?

Si on a le RER dans trois ou quatre ans, je serai très content. Que chacun prenne ses responsabilités.

Le programme électoral du PS proposera-t-il cette formule ?

Il développera le point de vue que je viens d’expliquer.

L’étude Stratec doit donc valser à la poubelle…

Il ne faut pas dire cela. Je rappelle que cela coûte déjà très cher d’habiter Bruxelles. Comme propriétaire et comme locataire. Et Bruxelles en semaine est différente que Bruxelles le week-end en termes de mobilité. La sixième réforme de l’Etat a introduit la zone métropolitaine qui comprend un certain nombre de communes de la périphérie et qui correspond à l’hinterland économique de la capitale. Un péage se limitant aux 19 communes irait à l’encontre de la sixième réforme de l’Etat.

Benoît Cerexhe (CDH) propose l’extension du métro au-delà des frontières régionales.

Si la Flandre paye, je n’ai pas de problème (rires). Il faut savoir que le métro coûte 50 millions d’euros le kilomètre et 80 millions pour une station. Soyons réalistes. Mais il est vrai qu’il faut des liaisons qui franchissent les frontières, que ce soit avec la Stib ou De Lijn. De sorte que les Bruxellois puissent aussi aller travailler en Flandre.

Evelyne Huytebroeck (Ecolo) menace le fédéral de recours au sujet du plan de survol de la capitale au départ de l’aéroport de Zaventem. Vous la suivez ?

Il y a un accord du gouvernement fédéral pour que chacun prenne une part des nuisances. Si rupture il y a par rapport à cet accord, je soutiendrai Madame Huytebroeck. Mais j’avais la faiblesse de croire qu’on en avait fini avec ce dossier.

Le projet de la Fédération Wallonie-Bruxelles visant à créer 13 750 nouvelles places d’école est sévèrement attaqué par l’Inspection des Finances qui soulève le risque de recours. Cela vous inquiète ?

Les recours éventuels n’empêchent pas la mise en œuvre du plan. Au niveau bruxellois, nous avons attiré l’attention depuis le début sur la situation de crise que nous vivons. On prend ce qui est à prendre. Il n’y a rien de pire qu’un enfant qui n’a pas d’école. Pour ma part, je veillerai à ce que les dossiers bruxellois soient bien ficelés.

On travaille dans l’urgence alors que le problème de l’augmentation de la population scolaire est connu depuis des années. N’est-ce pas du bricolage ?

Si on réussit la rentrée 2014 ce sera bien. Maintenant, l’urgence est là.

Ecolo parle à son tour d’enseignement bilingue.

Je suis content de la sortie de Christos Doulkeridis en effet.

Et de celle de Philippe Moureaux ?

Qu’est ce qu’il a dit encore celui-là ?

Que tout le monde parle d’enseignement bilingue mais que personne ne sait le payer.

Il s’agit d’une compétence fédérale. Mais imaginer que le fédéral s’en chargera, c’est se mettre le doigt dans l’œil. Ce n’est pas impayable. A Bruxelles, il faut que les deux communautés proposent une offre comme celle-là pour la rentrée prochaine. Pas forcément partout. Si le professeur de maths est néerlandophone il donne son cours en néerlandais, c’est ma vision. C’est très bien qu’Ecolo se prononce comme cela, j’attends qu’un consensus bruxellois se dégage. Ce sera un enjeu du prochain programme de législature.