Bruxelles

Ce samedi, le MR de Bruxelles est en congrès programmatique. Le chef de file Vincent De Wolf avance ses priorités pour la Région-Capitale. Et répond au livre très ambitieux de Didier Reynders.

Didier Reynders a de grandes ambitions pour Bruxelles, qu’en pensez-vous ?

Tout le monde peut faire un livre sur Bruxelles. Je l’ai déjà fait moi-même. Ce qui engage le parti, les militants, c’est le programme qui sera voté samedi. Dire qu’on va couvrir la Petite Ceinture, faire des tunnels, c’est faire un rêve. J’adore rêver donc je peux suivre M. Reynders mais moi je suis candidat ministre-Président à la Région pour les cinq années qui viennent. Ce type de projet coûte extrêmement cher. Et ça ne paraît pas être la priorité pour les Bruxellois. Ce n’est réalisable et finançable ni à court ni à moyen terme.

C’est démagogique de faire campagne sur des idées irréalistes ?

Ça ne me paraît pas démagogique. Tout le monde peut s’exprimer. Je n’ai pas été concerté à ce sujet mais je pense que c’est plus une idée qu’un projet. Ce ne sera pas dans le programme.

N’est-ce pas de nature à brouiller le message du MR, dès lors ?

Chacun peut dire ce qu’il veut. Moi j’ai la légitimité par rapport au travail qui a été fait pour le programme. M. Reynders a voulu sortir pour dire ce qu’il veut faire à Bruxelles. Je n’ai pas besoin de cela, je le fais depuis des années. Il annonce des exactes copies de ce que j’ai annoncé il y a quatre mois en matière de formation. Il faut améliorer la qualité de la vie à Bruxelles mais est-ce que la priorité est de couvrir les tunnels ? Je dis non. Est ce qu’on en a les moyens ? Je dis non. Est-ce que ce serait bien de le faire un jour ? Je dis oui.

Le rail est sous-exploité à Bruxelles. Le RER a pris un retard énorme. Le MR est au gouvernement fédéral depuis des années. Vous sentez-vous responsable ?

Didier dit qu’il faut accélérer les choses, on est d’accord. Tout le monde le dit. Les problèmes pratiques sont nombreux, les procédures sont différentes selon les régions. Il y a des choses qu’on ne sait pas dominer. Le RER va bientôt arriver, profitons de ce temps pour que les Bruxellois restent par choix. Il faut arriver à capter cette jeunesse. Il faut par exemple faire de Bruxelles un pôle culturel européen, voire mondial. Le RER peut être la meilleure et la pire des choses. Je suis le seul politique qui ose le dire. Si on ne maintient pas la classe moyenne, si on fait du tout au logement n’importe comment, si on déshumanise la ville, elle va se vider grâce au RER. Il faut que le RER soit d’abord intrabruxellois, il faut des gares profitant aux Bruxellois, il faut surtout que la qualité de vie soit améliorée.

Quid du péage. Didier Reynders parle d’un péage au niveau national avec une déclinaison bruxelloise…

Au niveau de la mobilité le bilan de l’Olivier est lamentable. Je pense qu’il faut d’abord réussir la mobilité à Bruxelles, faire des accords de coopération avec les deux autres régions pour aménager des parkings de dissuasion autour de Bruxelles. Avec un tarif et un ticket unique vers la Stib et De Lijn. Ainsi, on diminuerait d’un quart le nombre de voitures.

La Flandre est-elle prête à l’accepter, selon vous ?

Il faut être enthousiaste et optimiste.

Si la Flandre ne veut pas ?

Alors on verra. On ne peut pas être d’accord sur le stade et ne pas imaginer ce genre d’alternative. Il faut aussi étendre le métro et supprimer les ruptures de charges dans les transports publics. Alors on pourra prélever une taxe au kilomètre - ce qui a ma faveur - pour ceux qui choisiront toujours de prendre leur voiture. Augmenter les tarifs des transports sans augmenter l’offre, ne rien faire sur les parkings de délestage et venir avec un péage, c’est ridicule.


Dans La Libre Belgique en PDF, Vincent De Wolf parle de son aversion pour la N-VA et de ses projets pour Bruxelles. Retrouvez l'entretien en intégralité en cliquant ici .