Le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné, hier matin, quatre taximen pour leur rôle lors d’une série d’expéditions punitives visant des chauffeurs Uber, commises durant la nuit du 22 mars dernier, à Bruxelles.

Les deux taximen qui s’étaient présentés en personne devant le tribunal le 29 septembre ont bénéficié de la suspension du prononcé. Ils peuvent donc bénéficier d’un certificat de bonne vie et mœurs toujours vierge. Et ainsi pouvoir continuer à faire leur travail dans la légalité. L’un d’entre eux exerce d’ailleurs aujourd’hui chez… Uber.

Par contre, les deux autres taximen qui n’avaient pas jugé utile d’assister à leur propre procès ont été bien plus lourdement condamnés. Tous deux écopent d’une peine d’un an de prison dont la moitié est assortie du sursis. Ces deux-là auront leur certificat de bonne vie et mœurs entaché, alors que sa virginité est un prérequis pour qui veut être taximan. Ils peuvent encore faire opposition du jugement.

Le ministère public avait requis des peines de 12 à 18 mois de prison contre les prévenus.

Le 22 mars, après un appel lancé sur Facebook, plusieurs taximen s’étaient rassemblés pour attaquer des chauffeurs Uber. Ils s’étaient ainsi mis à plusieurs pour chahuter un chauffeur au niveau de la Toison d’Or, forçant les passagers à descendre tout en jetant de la farine à l’intérieur du véhicule.

Les taximen s’étaient rassemblés sur la place Rogier avant de partir à la chasse aux chauffeurs Uber. Ce rendez-vous a poussé le tribunal à condamner trois des quatre prévenus pour une association de malfaiteurs. Le président a dénoncé des "faits inacceptables".

Contactés, Mes Olivia Venet et David Ribant, les avocats des taximen présents au procès, ont annoncé leur intention de ne pas faire appel. "Le jugement est satisfaisant. Mon client était en aveux de l’entrave méchante à la circulation", indique Me Venet.