"On ne vous oublie pas." Voilà, en substance, le message de l’exposition Voices from Syria à découvrir dans dix communes bruxelloises jusqu’au 30 mars. Dix ans après l’entame du conflit en Syrie, la guerre perdure. Un conflit trop souvent occulté, surtout en cette période de crise sanitaire, mais qui continue à faire des ravages.

Pendant presque quatre ans, la photographe Johanna de Tessières et la journaliste Caroline Van Nespen ont sillonné les pays limitrophes de la Syrie, où se réfugient 80 % des personnes immigrées. De ces voyages, elles ont rapporté une cinquantaine de portraits intimes et nous invitent, avec cette exposition, à découvrir et partager ces histoires de courage et de résilience. Mettre des visages derrière les chiffres.

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Du côté de Woluwe-Saint-Pierre, l’exposition se tient sur l’Esplanade de la maison communale. On y découvre les récits de Leyla et Oum Walid, deux syriens de 31 ans qui ont trouvé exil en Jordanie; de Riad et Thurayya, qui ont quitté Raqqa pour s’installer, avec leurs sept enfants, dans un camp au Liban, ou de Eesra, jeune syrienne de 11 ans qui a fui la guerre avec sa famille. Chaque portrait est illustré par des superbes photos prises par Johanna de Tessières, membre du collectif Huma et lauréate du trophée Montaigne en 2017 pour son travail documentaire.

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Chaque portrait est accompagné d'une légende en français, anglais, néerlandais et arabe. "L’objectif est de remettre un visage humain sur la crise syrienne et de continuer à donner une voix à ceux qui sont touchés par le conflit en Syrie et dans les pays voisins, tant les réfugiés que les communautés locales", explique Caroline Van Nespen, coordinatrice de la campagne de communication du Fonds fiduciaire régional de l'Union européenne. "Si chaque lieu d’exposition peut être vu et compris individuellement, les visiteurs seront invités à se rendre dans les autres communes, afin d’y voir les autres portraits, abordés sous différents angles."

En cette période de crise sanitaire, Johanna de Tessières nourrit un principal regret : celui de ne pas pouvoir assurer le suivi des familles. "Nous avons tissé des liens très fort avec les personnes rencontrées. On a hâte de pouvoir aller les retrouver pour continuer à raconter leurs histoires et éveiller les consciences par rapport à ce conflit interminable."

Les portraits sont également à voir dans plusieurs stations Stib jusqu'au 30 mars.

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Dix lieux d'exposition

Le parcours photographique est à découvrir sur les places suivantes : place de la Résistance (Anderlecht), place Saint-Denis (Forest), place Sainte-Croix (Ixelles), place Van Meenen (Saint-Gilles), place Saint-Josse, parc Josaphat (Schaerbeek), parvis Saint-Pierre (Uccle), place de la Monnaie (Ville de Bruxelles), place Wiener (Watermael-Boitsfort) et esplanade de la maison communale (Woluwe-Saint-Pierre).

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