Les cinémas touchés par les attentats

La fermeture du métropolitain à 22 heures serait une des explications.

J. Th.
Photos Bernard Demoulin: Peggy Fol est la gerante du cinema Vendome 18 chausse de Wavre
Photos Bernard Demoulin: Peggy Fol est la gerante du cinema Vendome 18 chausse de Wavre ©© Bernard Demoulin

Depuis les attentats du 22 mars dernier, la plupart des cinémas de la capitale observent une nette baisse de leur fréquentation. Ainsi, les deux UGC (De Brouckère et Toison d’or) estiment actuellement attirer 20 % de clients en moins par rapport à l’année dernière. Si la situation n’est pas jugée catastrophique, les gestionnaires des cinémas considèrent néanmoins qu’un retour à la normale prendra du temps.

Que ce soit les deux UGC, le Kinépolis, le Vendôme à Ixelles ou encore l’Actor’s Studio au centre-ville, chaque cinéma indique avoir perdu, depuis un mois, une partie de sa clientèle. "Les attentats ont clairement un impact sur la fréquentation des cinémas. Si les salles bruxelloises sont touchées, le phénomène est toutefois perceptible ailleurs en Belgique", réagit, de son côté, la Fédération des cinémas de Belgique. Seul le cinéma Aventure, installé dans la galerie du Centre, semble faire exception, déclarant justement avoir gagné 10 à 15 % de clients.

"Nous enregistrons une baisse de la fréquentation depuis les attentats de Bruxelles, particulièrement ressentie pendant les congés scolaires de Pâques. Et ce, malgré la programmation de gros films et une météo médiocre. Le retour à une activité normale ne semble pas être encore à l’ordre du jour", explique Bruno Plantin-Carrenard, le directeur général d’UGC Belgique. "On ne donnera pas de chiffres, mais oui, il y a un impact. Il est trop tôt pour avancer des explications", indique, de son côté, Anneleen Van Troos, la porte-parole de Kinépolis. "On est touchés comme les grands cinémas. Et en ce qui nous concerne, la baisse d’activité dépasse les 20 %. On résiste néanmoins en étant ouverts", explique, quant à lui, Claude Diouri, de l’Actor’s Studio.

La mobilité a un impact sur la baisse de fréquentation

L’une des explications possibles de cette baisse de la fréquentation pourrait bien être la fermeture actuelle du métro à 22h, laquelle est justifiée par des impératifs de sécurité. C’est du moins ce qu’explique Peggy Fol, la directrice du Vendôme. "C’est très embêtant pour les gens qui veulent faire une sortie culturelle de ne plus pouvoir prendre le métro à 22h. On voit bien que les salles sont moins remplies pour les dernières séances, celles qui débutent entre 20h30 et 21h30", indique-t-elle. "Il y a aussi la fermeture du tunnel Stéphanie. Je crois que la mobilité est un facteur qui joue", ajoute-t-elle

Si les attentats de novembre à Paris avaient également impacté les cinémas de la capitale, il faudra cette fois-ci, semble-t-il, plus de temps avant un retour à la normale. "La résilience collective est moins perceptible qu’elle ne l’a été après les attentats de Paris en novembre après le lockdown", explique-t-on du côté des cinémas UGC.