18 mois, en partie avec sursis, pour le locataire d'un immeuble ayant explosé à Anvers

Le tribunal correctionnel d'Anvers a condamné mardi le locataire de l'immeuble du Paardenmarkt à Anvers, où une explosion de gaz dévastatrice avait eu lieu il y a trois ans, à dix-huit mois de prison, dont la moitié avec sursis, pour homicide involontaire et coups et blessures involontaires.

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Lors des faits, survenus le 15 janvier 2018, trois bâtiments du Paardenmarkt avaient été entièrement détruits. Paul Van Laerhoven (39 ans) et Sahil Noor (26 ans) avaient perdu la vie cette nuit-là et 27 autres résidents avaient été blessés. Les dégâts matériels avaient été énormes.

L'expert en incendie désigné a conclu qu'il s'agissait d'une explosion de gaz au premier étage du bâtiment numéro 101, qui était loué par le prévenu, Hamdi C. (52 ans), originaire de Saint-Nicolas.

Le tribunal lui a reproché un manque de précaution ou de prudence. Par exemple, en 2008, il avait fait appel à un installateur non agréé pour retirer les anciennes cuisinières à gaz et installer une chaudière à condensation. L'ancienne conduite de gaz n'avait pas été correctement scellée.

Le soir des faits, quelqu'un avait ouvert un ancien robinet de gaz dans la cave. Le gaz avait ainsi pu se propager par l'ancien tuyau jusqu'au premier étage. L'explosion a probablement été causée par l'allumage d'une cigarette ou d'une bougie.

Hamdi C. avait également continué à sous-louer les locaux commerciaux du rez-de-chaussée et les studios du premier et du deuxième étages, ce qui n'était pas autorisé par son accord avec les propriétaires. Il avait d'ailleurs été qualifié de propriétaire par plusieurs résidents.

Ces habitants se sont notamment plaints d'un confort très faible, que l'électricité tombait régulièrement en panne et qu'il y avait déjà eu une fuite de gaz en octobre 2017. Cependant, le locataire n'avait pas donné suite à ces plaintes de manière adéquate.

"Le prévenu a laissé le gain monétaire tiré de la location de studios délabrés prendre le pas sur la sécurité des résidents. Il n'a pas donné suite à l'odeur de gaz remarquée en octobre 2017. S'il avait pris les mesures appropriées à ce moment-là, l'explosion qui a suivi aurait pu être évitée. Son attitude passive a coûté la vie à deux personnes. De nombreuses autres personnes ont subi des blessures graves. Les dommages psychologiques subis par les victimes et les personnes vivant à proximité ne doivent pas être sous-estimés. D'autre part, il s'agissait d'un crime non intentionnel et le prévenu n'a jamais souhaité les graves conséquences qui s'en sont suivies", peut-on lire dans le jugement.