Droits de l'Homme et cas Eddy Demarez évoqués dans le cadre de l'Antwerp Pride : "On voudrait surtout en ressortir quelque chose de positif"

Les déclarations du journaliste sportif Eddy Demarez ont été évoquées vendredi dans le cadre de l'Human Rights Friday, le volet "droits de l'Homme" de l'Antwerp Pride, dont le thème cette année est "#notjustwords" (#pasjustedesmots).

Droits de l'Homme et cas Eddy Demarez évoqués dans le cadre de l'Antwerp Pride : "On voudrait surtout en ressortir quelque chose de positif"
© BELGA

"Je ne suis pas vraiment étonnée, je pense que ce genre de choses arrive encore régulièrement en coulisses et que c'est une bonne représentation de ce que de nombreux Flamands pensent à propos des thématiques holebi ou trans", avoue Emma Verhoeven (UAntwerpen), autrice d'un doctorat sur le thème LGBTQ dans les media, à propos des déclarations homophobes et sexistes du journaliste Demarez au sujet des Belgian Cats, l'équipe nationale féminine de basket. "Mais je pense aussi qu'elles ont suscité tant de réactions outrées parce que les Belgian Cats sont un symbole national et également parce qu'homosexuels et lesbiennes sont généralement assez bien acceptés. Je me demande s'il en aurait été de même si ces déclarations avaient visé des personnes trans".

L'appel au licenciement de Demarez n'a pas fait l'unanimité parmi le panel d'experts qui s'exprimait. En revanche, ils étaient tous d'accord pour réclamer que ces faits soient le point de départ d'un changement de mentalités. "Nous avons ouvert un dossier mais nous ne sommes pas policiers et ce n'est pas à nous à exiger un licenciement", affirme Paul Borghs de l'institution publique qui lutte contre la discrimination et défend l'égalité des chances Unia. "Qu'il s'agisse de faits répréhensibles ou non, on voudrait surtout en ressortir quelque chose de positif, plutôt que d'opter coûte que coûte pour la voie juridique. Nous avons proposé à la VRT de travailler avec eux à adapter leur politique en matière de diversité".

Le président de l'Antwerp Pride, Bart Abeel, trouve dommage que le thème de #notjustwords s'avère à ce point d'actualité. "Cela ne s'est pas produit quelque part dans un pays lointain comme nous devons souvent le dire même si c'est un cliché, mais ici chez nous", dit-il. "C'était cette fois sur la chaîne publique, mais les politiciens, notamment, utilisent encore souvent un langage consciemment ou inconsciemment blessant et basé sur "la méconnaissance". Faisons un effort à l'occasion de cette Antwerp Pride pour informer et sensibiliser sur ces choses qui peuvent être changées si l'on y pense. Nous ne sommes pas une inquisition, mais un observateur. Il faut se demander pourquoi les gens utilisent un certain langage. On remarque que l'humour se pratique encore souvent au détriment de quelqu'un d'autre et je pense que cela mérite au moins une réflexion. Sans juger, nous pouvons dir : ça fait mal et vous savez maintenant que ça fait mal, alors essayez de gérer ça".