Pollution à Zwijndrecht : les œufs de poules élevées en plein air toujours déconseillés aux habitants

Si aucun résultat alarmant n'est ressorti de trois enquêtes distinctes concernant la présence de PFAS, et en particulier de PFOS, dans des produits alimentaires à Zwijndrecht, les recommandations concernant la consommation de fruits, de légumes et d'œufs restent en vigueur, indique vendredi le commissaire Karl Vrancken, nommé par le gouvernement flamand et la commune de Zwijndrecht.

Pollution à Zwijndrecht : les œufs de poules élevées en plein air toujours déconseillés aux habitants
©BELGA

Le PFAS est une substance perfluoroalkylée classée comme perturbateur endocrinien et polluant organique persistant. Les mesures de précaution prises à la suite de la détection d'une pollution au PFOS à Zwijndrecht, dans les alentours de la société 3M, ne sont pas adaptées. Les riverains sont ainsi priés de ne pas consommer d'œufs de poules élevées en plein air et de ne pas se procurer de légumes et de fruits uniquement dans leur jardin. Des particules de PFAS et de PFOS ont effectivement été détectées dans divers échantillons, principalement dans des œufs de poules élevées en plein air.

Ces dernières semaines, trois enquêtes indépendantes ont été menées respectivement par l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca), par l'université d'Anvers, et par le bureau d'études ERM, ce dernier ayant été engagé par la société 3M, responsable de la pollution au PFOS à Zwijndrecht. Des échantillons d'œufs, de viande, de légumes, de fruits et de cultures ont été prélevés et analysés, avec une attention toute particulière portée sur la présence de PFOS.

L'Afsca a prélevé ses échantillons dans des exploitations locales situées dans un rayon de 15 km autour de l'usine 3M de Zwijndrecht. Tous les échantillons ont satisfait aux exigences de qualité de l'agence concernant une consommation en toute sécurité des produits fermiers.

De son côté, l'UAntwerp a mené son analyse sur des échantillons provenant d'un agriculteur biologique de Zwijndrecht. Les résultats ont montré une présence très limitée de PFAS, mais pas de PFOS. Par conséquent, tant pour les adultes que pour les enfants, la "consommation normale" de ces produits est sans danger.

L'étude du bureau ERM a, quant à elle, examiné des œufs de poules élevées en libre parcours, du lait, des légumes, des fruits et des cultures provenant de particuliers et d'entreprises agricoles et horticoles dans une zone entourant le site de l'usine 3M. Les résultats concernant les œufs sont particulièrement préoccupants : des particules de PFAS ont été détectées dans tous les œufs de poules élevées en plein air testés, avec le PFOS comme principal composé. Un échantillon présentait même une valeur bien supérieure à la limite d'intervention de l'Afsca, signifiant qu'en temps normal, ce produit devrait être tout simplement retiré du marché. De la pollution au PFOS a également été trouvée dans le lait et les cultures (principalement des graminées).

Selon Karl Vrancken, les résultats restent rassurants, car aucune valeur alarmante n'a été trouvée, mais la prudence reste de mise. "Certainement lorsqu'il s'agit de consommer des œufs de poules élevées en plein air, qui vivent à même le sol, par exemple. Ces derniers présentent des valeurs de PFAS beaucoup plus élevées que les œufs provenant d'une ferme où les poules vivent sous un toit et ne se nourrissent donc pas du sol (contaminé). La différence entre les légumes et les fruits de son propre jardin et les produits issus de l'agriculture et de l'horticulture traditionnelles est moins prononcée."

Des analyses sanguines sont encore en cours auprès de 800 habitants de Zwijndrecht, qui devraient permettre de déterminer dans quelle mesure les PFAS se sont accumulés dans le sang.

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