"C’est de la violence psychologique et de l’intimidation": un commerçant francophone victime de racisme sur la côte belge

Trois individus flamands ont fait irruption dans son commerce pour apposer un autocollant identitaire.

"C’est de la violence psychologique et de l’intimidation": un commerçant francophone victime de racisme sur la côte belge
© BELPRESS

Cédric, un commerçant francophone originaire des Ardennes de 50 ans, tient un pop-up store à Ostende dans lequel il se rend chaque été depuis quatre ans pour réjouir les plus jeunes avec des Playmobil et des Lego. Il estime être bien intégré à la population ostandaise: "J'ai le contact très facile avec les gens", déclare-t-il à nos confrère de RTL.

Cependant, ce contact facile a été remis en question un samedi de juillet quand trois hommes flamands ont fait irruption dans son commerce. Ceux-ci déclarent haut et fort que "Ici on est en Flandre, ici on parle flamand!", ignorant les proches de Cédric qui tenaient la boutique en son absence et qui tentaient à cet instant de comprendre la situation, et enchaînent en apposant un grand autocollant jaune et noir NEDERLANDS avec le lien du Voorpost, groupe nationaliste fondé en Flandre, sur sa vitrine. Sous les yeux des clients, les trois hommes s'en vont après cet acte.

L’autocollant a été déjà été utilisé dans des actions similaires, comme on peut le voir sur Twitter.

Voorpost s'est cependant dissocié de cette action en se justifiant par le fait que leurs autocollants et affiches sont vendus en ligne, ce qui empêche le contrôle de leur utilisation : "Nous soutenons à 100 % le message figurant sur nos imprimés, mais nous ne sommes pas responsables de son utilisation abusive", adéclare Bart Vanpachtenbeke, le Président de Voorpost, par mail à la RTL.

Cédric vit très mal l'acte des trois néerlandophones : "Pour moi c'est de la violence psychologique et de l'intimidation, ça me blesse dans mon humanité (…). J'ai été victime de racisme, un peu comme si on avait peint une étoile jaune sur ma vitrine", déclare-t-il.
Il ne compte cependant pas porter plainte de peur que la barrière de langage qui le sépare des policiers représente un désavantage pour lui.