Indignation autour de Jan Jambon et de la vitesse au volant

L'aveu malheureux a eu lieu mercredi soir sur le plateau d'une émission de la chaîne privée Play4, "De Tafel van Vier". Jan Jambon y a indiqué demander parfois à son chauffeur d'accélérer, par exemple en cas de retard pour une réunion importante. "De temps en temps il faut dire: 'on prend le risque'", ajoute-t-il.

Le ministre-président flamand Jan Jambon
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Le ministre-président flamand Jan Jambon est au centre d'une petite polémique dans le nord du pays, jeudi, pour avoir avoué la veille sur un plateau de télévision demander parfois ("très rarement") à son chauffeur d'appuyer sur l'accélérateur, laissant donc entendre qu'il lui arrivait d'ignorer une limitation de vitesse. Face aux réactions de désapprobation de la part d'autres ministres flamands et de la VSV (Vlaamse Stichting Verkeerskunde), le cabinet du ministre-président N-VA a affirmé jeudi qu'il ne voulait absolument pas excuser les excès de vitesse.

Du côté de la VSV, fondation qui lançait le même jour une campagne de sensibilisation aux dangers des excès de vitesse, on rit jaune. Une telle affirmation, même si très commune dans la population, "sape un peu la base de notre campagne", regrette le porte-parole Werner De Dobbeleer, qui souligne que c'est justement le genre de phrases qu'ils tentent de désamorcer.

L'opposition n'a pas manqué de s'offusquer, Groen et le PTB demandant même que le ministre-président vienne s'expliquer au parlement. Et on rappelle au passage que ce n'est pas une première pour Jan Jambon, qui avait été filmé roulant bien au-delà de la limite de vitesse sur l'autoroute en 2016. "Non seulement le ministre n'apprend visiblement rien de ses erreurs, on dirait que cela le laisse de marbre que son comportement dangereux mette d'autres personnes en danger. C'est inadmissible", a indiqué l'élu Groen Stijn Bex.

La majorité n'est pas particulièrement fière, mais ne tape pas sur le clou. La libérale Lydia Peeters (Open Vld), ministre flamande de la Mobilité, a évoqué une "sortie très malheureuse" et rappelé que "la limite de vitesse est la limite de vitesse".

Le cabinet Jambon a quant à lui tenté de rattraper la sauce. "La sécurité routière prime toujours à ses yeux", affirme-t-on à son cabinet jeudi. Le ministre "a honnêtement répondu à la question qui lui était posée, s'il avait déjà demandé à son chauffeur de se presser. Cela arrive rarement, mais on ne peut pas dire jamais. Et il y a donc bien le risque alors de rouler juste un peu trop vite et d'attraper une amende. Mais c'est tout à fait différent de demander volontairement d'ignorer la limitation", ajoute son cabinet.