Un ex-professeur de la KU Leuven condamné pour avoir agressé sexuellement une étudiante

Au moment des faits, le professeur d'université était aussi le promoteur de l'étudiante.

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Le tribunal correctionnel de Tongres a condamné jeudi un ancien professeur de la KU Leuven à 54 mois de prison pour avoir agressé sexuellement une étudiante lors d'un congrès à Barcelone, en 2016.

Le Limbourgeois devra en outre verser 27.000 euros de dédommagement à la victime, traumatisée, sans compter les frais de justice et les intérêts. L'homme est également déchu de ses droits civiques pour une période de cinq ans.

Au moment des faits, le professeur d'université était aussi le promoteur de l'étudiante, qui évoluait alors dans la faculté de psychologie et sciences pédagogiques de l'institution louvaniste. Il avait proposé à son étudiante de l'accompagner à Barcelone pour un congrès lors duquel il devait donner une conférence, arguant que le thème du colloque rejoignait celui du mémoire de la jeune femme.

Une fois sur place, cette dernière avait découvert que le professeur n'avait pas loué de chambre dans l'hôtel accueillant le congrès, mais un AirBnB d'une seule chambre. L'homme avait finalement proposé de dormir sur le canapé, dans une autre pièce.

Durant le séjour, le Limbourgeois avait également voulu acheter de la lingerie et un sac à main à l'étudiante. Une nuit, cette dernière avait été réveillée par son professeur qui, à moitié nu, s'était introduit dans son lit. Le lendemain, il avait tenté de la faire boire tout en la touchant, avant de l'agresser sexuellement.

L'homme avait en outre essayé de convaincre la jeune femme de faire un tatouage commun mentionnant en anglais "ce qui se passe à Barcelone reste à Barcelone".

À leur retour en Belgique, le professeur lui avait explicitement indiqué qu'elle n'avait pas intérêt à dire qu'elle avait été en Espagne avec lui, ni qu'elle l'avait rencontré sur place. Il avait par ailleurs signé plusieurs lettres de recommandation pour un doctorat à l'étranger, dans des pays particulièrement éloignés.

Après l'agression, l'étudiante a effectué plusieurs séjours en psychiatrie et a tenté de se suicider à plusieurs reprises. Elle a ensuite porté plainte, ce qui a également enclenché une procédure interne à la KU Leuven.

Dans une sentence longuement justifiée, les trois juges ont qualifié le professeur de "prédateur", connaissant très bien les ressorts psychologiques et en usant avec perversité, et ordonné son arrestation immédiate.

À la suite du jugement, la KUL a annoncé jeudi soir poursuivre sa procédure disciplinaire interne à l'encontre du professeur.

L'université louvaniste, avertie des faits en 2018, avait initié une enquête et proposé à la victime et son entourage un accompagnement. Après le dépôt de la plainte par l'étudiante, la justice avait demandé à l'institution de surseoir l'ouverture d'une procédure interne, afin de ne pas entraver l'enquête pénale.

Dès que les autorités judiciaires ont donné leur feu vert, la KU Leuven a initié sa propre procédure disciplinaire et a suspendu le professeur. Celui-ci ne pouvait plus accéder aux bâtiments et terrains universitaires, était interdit de contact avec les étudiants et devait se retirer de toutes les tâches dans lesquelles il représentait la KUL.

L'université s'était également portée partie civile dans la procédure pénale, ce qui lui a permis d'accéder à toutes les informations du dossier.

Toute personne ayant des idées suicidaires peut contacter la ligne d'écoute du Centre de Prévention du Suicide au 0800 32 123 (elle est anonyme, gratuite et disponible 24h/24). Plus d'infos sur www.preventionsuicide.be.