Ce sont à la fois les sénateurs libéraux et la Commission européenne qui le disent. 

Au lendemain d’un incident qui s’est produit au carnaval d’Alost et qui a fait réagir, mardi, la Commission européenne, les sénateurs MR et Open VLD ont demandé aux gouvernements fédéral et des entités fédérées une meilleure prise en charge de la lutte contre l’antisémitisme.

Coordinateur national

C’est à l’initiative des élus libéraux que le Sénat avait voté, à l’unanimité, une résolution à la fin décembre. Aujourd’hui, ces mêmes élus, et tout spécialement Jacques Brotchi (MR) et Lionel Bajart (Open VLD) demandent que les propositions qu’ils déclinaient alors soient adoptées.

Elles visent la désignation d’un “coordinateur national de l’antisémitisme”, à l’image de ce qui se fait déjà dans les pays voisins ; la création d’une catégorie distincte dans les procès-verbaux pour les crimes antisémites ; l’inclusion d’un module spécifique sur l’antisémitisme dans les politiques d’intégration et d’éducation. Les sénateurs appellent en outre à une meilleure définition de l’antisémitisme de manière à pouvoir mieux identifier le problème et à exercer un contrôle plus efficace.

Ils ont par ailleurs salué la réactivation par le gouvernement fédéral de la cellule de vigilance contre les actes antisémites. Composée de représentants des services policiers, judiciaires, de la communauté juive et des cabinets de la Justice et de l’Intérieur, cette cellule peut coordonner plus efficacement la lutte contre l’antisémitisme.

Selon Unia, le nombre d’actes antisémites a doublé en Belgique l’an passé, passant de 56 à 101. Unia cite également l’ouverture de 31 dossiers pour négationnisme et estime que la sur Internet à l’encontre des Juifs a quadruplé en 12 mois. MM. Brotchi et Bajart craignent que ces chiffres ne représentent que le sommet de l’iceberg.

La Commission tance le carnaval d’Alost

Quoi qu’il en soit, la présence, au carnaval d’Alost, d’un char décoré de marionnettes représentant des juifs au nez crochu et aux coffres remplis d’argent (LLB du 4 mars) a fait réagir la Commission européenne qui, mardi, a condamné l’incident et pressé les autorités belges de réagir et “de prendre les mesures qui s’imposent”.