Flandre

"À terme, Oosterweel rapportera 14 milliards d'euros à la Flandre". Ben Weyts, ministre N-VA de la Mobilité au nord du pays, avance sereinement le chiffre faramineux. Un bon moyen de faire avaler au gouvernement flamand la pilule de trois milliards d'euros ajoutée au budget régional. Car c'est bien la Flandre qui passera à la caisse pour financer l'Oosterweel, à savoir le "bouclage" du ring de la métropole anversoise.

Ben Weyts, qui ajoute qu'il faut faire vite car "chaque jour qui passe nous coûte un million d'euros", omet soigneusement d'ajouter que cet apport financier gargantuesque est calculé à l'horizon… 2050, soit sur une période de 37 ans puisque l'étude sur laquelle se base le ministre date de 2013. Mais il y a pire : ces chiffres sont tout simplement faux.

C'est Tim Van der Schoot, le président de la BAM (Beheermaatschappij Antwerpen Mobiel, la société qui coordonne l'exécution du plan de mobilité anversois) qui l'explique à nos confrères du Morgen : "Ces 14,2 milliards sont valables pour le scénario sans péage. Avec le péage, les recettes s'élèveront seulement à 10,3 milliards d'euros."

Et le péage est bel et bien prévu au programme. Le 14 février 2014, dans l'accord dit "de la Saint-Valentin", le gouvernement flamand avait opté pour la mise en place d'un péage variable dans les tunnels anversois, instauré en vue d'une fluidification du trafic en fonction des heures de circulation. Le citoyen flamand devra donc payer plus cher pour rouler à Anvers. De quoi faire décoller le coût social, et diminuer sérieusement les recettes.

Ben Weyts a donc été un tantinet négligeant à l'heure de feuilleter l'étude de 122 pages réalisée par le bureau Rebel Group pour le compte du gouvernement flamand. S'il avait posé ses yeux au bas de la page… 11, il aurait appris que les plans actuels de l' Oosterweel ne rapporteraient pas 14,2 milliards d'euros. Et aurait évité une bourde à quatre milliards…