Sur ordre du bourgmestre Hans Bonte (sp.a), la police locale de Vilvorde a empêché jeudi une équipe technique du SPF Défense d'établir une infirmerie, destinée à accueillir jusqu'à 50 prisonniers infectés par le coronavirus, dans l'ancien hôpital Van Helmont. 

L'édile s'est dit scandalisé par l'absence de consultation préalable avec l'administration communale, propriétaire du bâtiment. "D'après un premier contact téléphonique que j'ai eu mardi avec le ministre de la Justice Koen Geens, il semble que cette infirmerie sera mise en service si la capacité de l'aile hospitalière de la prison de Bruges devient insuffisante pour accueillir des prisonniers infectés", a commencé par expliquer M. Bonte.

"Cependant, des négociations très approfondies ont déjà eu lieu ces dernières semaines entre les SPF Justice et Défense et l'hôpital Jan Portaels et ont abouti à un projet de protocole de coopération. Apparemment, on peut créer une structure d'accueil pour les patients Covid-19 dans un bâtiment d'une ville sans l'accord de son conseil communal", a ensuite dénoncé le bourgmestre.

Il en a informé le gouverneur du Brabant flamand, Lodewijk De Witte, qui, après avoir contacté les différents protagonistes, a décidé d'un certain nombre de conditions à appliquer au projet.

Ces conditions ne sont pas remplies, selon M. Bonte, qui ajoute que "cette manière d'agir fait fi des rôles de gouverneur et de bourgmestre dans la gestion des urgences. En outre, ce plan menace le bon fonctionnement du nouveau centre de soins que nous avons installé dans le même bâtiment, en concertation avec trois zones de première ligne, l'hôpital Jan Portaels et 16 autorités locales".

Selon l'édile, l'Agence flamande Soins et Santé (Agentschap Zorg en Gezondheid) n'était pas au courant non plus de cette manœuvre.

Dans une réaction, une porte-parole du ministre de la Justice Koen Geens souligne que le ministre "espère une collaboration constructive avec le bourgmestre de Vilvorde et le gouverneur de la province de Brabant flamand."

Dans un premier temps, explique-t-on du côté du ministre, 25 lits ont été prévus au sein de la prison de Bruges pour des détenus malades du Covid-19. Onze lits sont actuellement occupés. La situation est actuellement sous contrôle mais l'administration pénitentiaire se prépare à l'éventualité dans laquelle d'autres lits seraient nécessaires. Des pistes sont donc analysées pour disposer le cas échéant d'une capacité supplémentaire dans des conditions de sécurité maximales pour le personnel et les détenus.