Ce samedi soir, vers 23h00, sept mineurs d'âge ont été interpellés par la police alors qu'ils participaient à une fête à Kappelen, près d'Anvers. Ils ont directement été emmenés au poste et y ont passé la nuit, avant d'être entendus par le juge de la jeunesse toute la journée du dimanche.

Si les parents reconnaissent que leurs enfants ont enfreint les règles en vigueur en se réunissant à sept et en ne respectant pas le couvre-feu, ils dénoncent néanmoins le comportement de la police et du parquet, qu'ils jugent disproportionné par rapport aux faits. Les parents des mineurs concernés déplorent notamment les conditions dans lesquelles les jeunes ont été détenus pendant des heures.

"Durant la nuit, les jeunes ont été interrogés un par un par les avocats", témoigne l'un des parents dans les colonnes de Het Laatste Nieuws. "Après leur entretien avec les avocats, nos enfants ont dormi sur un banc ou par terre dans les bureaux ou les salles de réunion du poste de police", poursuit-il. Le dimanche matin, vers 9 heures, après leur avoir donné un sandwich, les policiers emmènent les mineurs au Palais de justice d'Anvers en bus, à la demande du procureur.

"Une détention indigne"

Là, les mineurs sont interrogés un par un par le juge de la jeunesse. En attendant d'être entendus, les jeunes sont détenus dans des conditions particulièrement difficiles, selon les parents. "Les enfants ont été enfermés dans des cellules individuelles sales au sous-sol à partir de 10 heures. Les portes étaient verrouillées. Le juge de la jeunesse a commencé les interrogatoires à 14 heures. Ceux-ci ont duré jusqu'à 18 heures. Puis le dernier du groupe a été autorisé à quitter le Palais de justice. Pendant tout ce temps, ils ont été enfermés, sans nourriture ni boisson, sans information sur leurs parents. Un garçon qui avait un besoin pressant a appelé la police, mais il n'a pas eu de réponse. Il a été contraint d'uriner contre la paroi de la cellule", confie l'un des parents à HLN.

"Certains jeunes ont pleuré pendant des heures après leur libération", poursuit l'un des parents. "Une telle détention est indigne pour des jeunes de 14 ans. Si nous acceptons cela en tant que parents, nous nous dirigeons tout droit vers un état policier", déplore-t-il encore.

Finalement, les sept mineurs ont écopé d'un mois d'assignation à résidence entre 18 heures et 7 heures du matin, ainsi qu'un travail d'intérêt général.

La procédure habituelle respectée

Du côté du tribunal de la jeunesse d'Anvers, on affirme que la procédure habituelle a été respectée. "La police a suivi les directives imposées par le ministère public", déclare Luk Versteylen, juge de la jeunesse. "Dans cette affaire, le procureur a jugé que c'était suffisamment grave pour inculper les jeunes. Que cela ait pris autant de temps n'est pas anormal, car il s'agissait de sept jeunes qui ont dû être interrogés, ainsi que leurs parents. Cela prend du temps", justifie-t-il encore.

"Une approche disproportionnée"

La commissaire aux droits de l'enfant, Caroline Vrijens, a réagi ce mardi midi. Elle s'est notamment interrogée sur la détention subie par les enfants. "D'après les informations dont nous disposons actuellement, cette approche semble un peu disproportionnée", a-t-elle déclaré. "Je ne veux certainement pas dire que leurs actions devaient rester impunies, mais il s'agit ici d'une approche punitive assez surprenante. Je me demande s'il n'y avait pas une autre façon d'agir. Peut-être les jeunes auraient-ils pu être libérés et rentrer chez eux après l'interrogatoire du samedi soir et seulement se présenter au tribunal le lendemain".

L'avocat flamand Joris Van Cauter a quant à lui estimé qu'en théorie, rien de mal ne s'était produit sur le plan juridique. "Mais en principe, cela devrait être la dernière solution", a-t-il déclaré dans l'émission De Ochtend sur Radio 1. "Pour beaucoup de gens, une nuit en cellule est une expérience traumatisante."