A Sambreville, les secours ont dû gérer la situation comme un vrai accident.

Un exercice grandeur nature impliquant plusieurs disciplines de protection civile a eu lieu ce mardi en début d’après-midi sur la N98, à hauteur de Sambreville en direction de Philippeville. Le scénario : collision entre une camionnette et une voiture. L’accident a fait un blessé léger et un blessé grave. Un des deux qui devait être désincarcéré. Une des deux bandes de circulation était par ailleurs neutralisée. "On a reçu un mail en nous demandant qui était volontaire", explique Julien Gibon, ambulancier volontaire à la zone Val de Sambre qui jouait le rôle d’une des deux victimes. "Il y a un petit jeu d’acteur à avoir mais on a été briffé sur ce qu’il fallait faire, on ne doit donc pas en rajouter."

La population n’a, elle, pas été avisée de cet exercice. Le risque d’avoir un vrai suraccident était donc bien réel puisque la bande de gauche était toujours ouverte à la circulation. "C’est comme quand les pompiers effectuent des exercices chauds. Les risques de brûlures sont présents. C’est pareil ici mais comme il s’agit d’un exercice, on a quand même prévu plus de sécurité avec des policiers en amont ou encore la présence d’une citerne qui n’est normalement pas présente dans ce genre de cas. Le but n’est pas de mettre les intervenants en difficultés", explique Yves Braet, directeur de l’école provincial du feu d’Auvelais.

Moyens importants

Pour cet exercice grandeur nature, la WPR de Namur, les zones de secours Dinaphi et Val de Sambre, des policiers de la zone SamSon, un dépanneur et un Smur de l’hôpital d’Auvelais ont été mobilisés. En termes de moyens cela représente un véhicule de désincarcération, une citerne, un balisage, deux ambulances, un Smur et les dépanneuses. "En hommes, on est 10 policiers, 12 pompiers, 6 ambulanciers et 4 dépanneurs", explique Jean-Michel Mazzier, coordinateur technique à l’école provinciale du feu.

Si des exercices sont régulièrement réalisés par les professionnels, ils sont bien plus rares en situations réelles. Celui de ce mardi après-midi était d’ailleurs le premier pour l’école provinciale qui réunissait tous les acteurs. Il s’inscrivait dans le cadre des formations continues et permanentes (24 h/an) que les secouristes doivent suivre annuellement. "La difficulté dans ce genre d’exercice est de coordonner les différents services", poursuit Yves Braet. "Entre la théorie et la pratique, il y a une énorme différence. Ici, les secours sont au cœur du système", explique à son tour le commandant de la zone Val de Sambre Marc Gilbert.

En effet, dans ce genre de situation, chaque corps d’intervention à son rôle : sécurisation et balisage des lieux, désincarcération, soins apportés aux victimes, dépannage, etc. Rien ne doit être laissé au hasard. Du placement des cônes de balisage aux places laissées pour les véhicules d’interventions qui arrivent au compte-gouttes, tout doit être optimisé pour une efficacité totale. "Le but de ce genre d’exercice est aussi de s’assurer que les messages qui sont enseignés dans les différents corps sont passés", enchaîne Jean-Michel Tubetti, chef de service de la WPR.

Exercice pédagogique

Une équipe du service communication de la province de Namur était présente sur place pour filmer l’intervention. Un documentaire va être réalisé et sera mis à disposition de l’école provinciale du feu. "On était vraiment dans un but pédagogique ici, on ne cherchait pas à mettre les intervenants en difficultés", termine Yves Braet.S.M