Le septuagénaire écope ainsi de la peine maximale pour avoir orné sa maison de Keerbergen de symboles nazis visibles. Le prévenu avait décoré son habitation de divers symboles nazis comme des croix gammées et des drapeaux. Il avait également apposé des messages antisémites sur sa boîte aux lettres ainsi que dans les arbres. Ceux-ci étaient en outre bien visibles de la voie publique. L'homme avait également fait le salut hitlérien dans son jardin.

A la suite d'une plainte déposée par Unia, le Centre interfédéral pour l'Egalité des Chances Georges B. devait donc répondre d'infraction à la loi sur le négationnisme du 23 mars 1995, et plus précisément d'apologie du régime nazi pendant la Deuxième Guerre mondiale. Le prévenu était également poursuivi pour violation de la loi antiracisme datant du 30 juillet 1981, qui tend à réprimer l'incitation à la haine et à la violence.

Le tribunal a estimé les deux préventions établies dans un jugement particulièrement bien motivé. "L'approbation du génocide a été démontrée par l'enquête" a ainsi déclaré le juge. "Divers éléments tendent à prouver que le prévenu glorifie l'idéologie nazie, en particulier en plaçant des symboles et des inscriptions sur sa maison. Il a grandi dans une famille nazie de sorte que les idées véhiculées par Hitler ont pu facilement le convaincre."

Et le juge de renvoyer à une déclaration de l'intéressé. "A ses yeux, les Juifs sont la honte du monde". Les conclusions de l'enquête sociale ordonnée en décembre de l'année dernière ont également été prises en compte par le jugement. "Il a essayé de convaincre l'assistant de justice qu'il n'avait fait de tort à personne avec son attitude extrémiste. La manière négative dont il a cherché à attirer l'attention est en contraste total avec la souffrance immense causée par le génocide. D'un point de vue sociétal, nous devons mettre un terme aux agissements du prévenu."

Le tribunal a suivi les réquisitions du ministère public et a prononcé la peine maximale prévue soit un an de prison ferme et ce en dépit de l'âge du prévenu et de son casier judiciaire vierge. L'homme a également écopé d'une amende de 800 euros (BIEN 800 euros). L'homme qui assurait sa défense lui-même ne s'est pas présenté mardi devant le tribunal alors qu'il était toujours présent lors des audiences précédentes.

Unia, qui s'était constitué partie civile, a obtenu des dommages et intérêts de 500 euros ainsi que l'obligation pour le prévenu de remettre la maison dans son état d'origine. Divers symboles nazis ont également été confisqués.

"C'est une bonne chose pour une société démocratique que cette histoire prenne fin", s'est réjoui mardi Patrick Charlier, le directeur d'Unia.

"Nous avons épinglé dans le rapport annuel 2019 d'Unia l'usage de plus en plus fréquent et ouvert de symboles et de la rhétorique nazis dans l'espace public", poursuit Patrick Charlier. "La justice a déjà condamné le salut hitlérien, en tant que référence explicite et consciente à l'idéologie fasciste. Quiconque fait ce geste incite à la haine ou à la violence. Avec la maison nazie de Keerbergen, c'est la symbolique nazie qui est désormais condamnée."