Un homme qui a perdu la vie dans un parc à Beveren (Flandre-Orientale) aurait été victime de violences faites aux homosexuels, rapportent plusieurs médias flamands dont Het Nieuwsblad et Het Laatste Nieuws dimanche soir.

Plus tôt dans la journée, le parquet de Flandre-Orientale a confirmé que l'autopsie de la victime avait été menée mais que, dans l'intérêt de l'enquête, il ne formulerait pas de commentaire.

La victime serait, selon les médias flamands, un homme célibataire de 41 ans de Sinay près de Saint-Nicolas. Un rendez-vous aurait été pris via une application de rencontre. Il aurait ensuite été tué par plusieurs agresseurs, selon Het Nieuwsblad.

Plusieurs suspects ont été interpellés à la suite de l'assassinat d'un homme dans un parc de Beveren, a indiqué lundi le parquet de Flandre orientale, sans infirmer ni confirmer l'éventuel mobile homophobe.

Un juge d'instruction, le laboratoire scientifique et un médecin légiste sont descendus sur les lieux samedi. "Dimanche, une autopsie a été menée sur le corps de la victime et les premières constatations confirment que cette dernière a été brutalement tuée", a commenté le parquet.

"Plusieurs suspects ont pu être appréhendés. Ils sont actuellement auditionnés. L'enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes des faits. Toutes les pistes sont étudiées", a ajouté le parquet, alors que plusieurs médias flamands faisaient état dimanche d'un crime homophobe où la victime aurait été attirée dans le parc au prétexte d'un rendez-vous via une application de rencontre et agressée par trois mineurs d'âge. Cette information n'a pas été confirmée par le parquet.

Si les faits de violences faites aux homosexuels sont confirmés, il s'agirait du second assassinat à caractère homophobe en Belgique, après celui d'Ihsane Jarfi à Liège en 2012.

"Cela fait froid dans le dos"

Le Premier ministre, Alexander De Croo (Open Vld), a réagi ce lundi 8 mars. "Profondément choqué par les faits homophobes qui ont eu lieu à Beveren. Cela fait froid dans le dos", a-t-il écrit sur Twitter. "Pensées émues à la famille et aux amis de la victime. La Justice doit faire son travail mais qu'une chose soit bien claire: nous ne tolérerons jamais cette violence chez nous."


"En Belgique, malgré les avancées en la matière, notre identité de genre et/ou notre orientation sexuelle peuvent amener à des violences, voire à la mort", a pour sa part commenté Sophie Wilmès (MR). "Et c’est parfaitement inacceptable. Mes pensées vont à la famille et aux proches de la victime."


Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a à son tour vivement fustigé que de tels actes aient lieu. "L'homophobie n'a pas sa place", a-t-il insisté sur Twitter. "Elle suscite chez moi un écœurement sans comparaison. Elle doit être condamnée."


Le groupe de défense LGBTQI+ Çavaria se constitue partie civile

Çavaria, groupe flamand de défense des droits des personnes lesbiennes, homosexuelles, bisexuelles, transgenres, intersexes (LGBTQI+), a annoncé lundi se constituer partie civile après la mort samedi d'un quadragénaire tué dans un parc de Beveren pour des motifs présumés homophobes. "C'est toute notre communauté qui est visée" par ce crime, a souligné Lozano Lafertin, coordinateur au sein de çavaria.

"C'est abominable", a réagi lundi M. Lafertin. Par ce crime, "ce n'est pas seulement une personne qui est visée, mais toute notre communauté. Il s'agirait de la deuxième victime mortelle de l'homophobie dans notre pays", après l'assassinat d'Ihsane Jarfi à Liège en 2012. "Nous voulons présenter nos condoléances à la famille et aux amis de la victime et espérons qu'ils trouveront suffisamment de soutien", notamment grâce aux lignes d'écoute dédiées.

En tant qu'ASBL représentant les droits des personnes LGBTQI+, Çavaria a annoncé se constituer partie civile afin d'être impliquée dans l'enquête, qui suit actuellement son cours. Pour l'association, il est primordial que la société dans son ensemble réagisse à cet acte injustifiable.

De son côté, le bourgmestre de Beveren, Marc Van de Vijver, s'est dit lundi "horrifié" par l'homicide du quadragénaire dans la commune de Flandre orientale et a vivement condamné cette violence. "C'est avec horreur et stupéfaction que j'ai appris la nouvelle. J'espère que de tels faits ne se reproduiront plus jamais. Les coupables doivent être arrêtés et sévèrement punis pour que cela ne se reproduise plus jamais", a-t-il réagi