Christelle Parizel coupable d'assassinat

(Belga)

LA COUR D'ASSISES DU HAINAUT A DECLARE JEUDI, Christelle Parizel, 24 ans, coupable d'assassinat, le 15 septembre 2003, de tentative d'assassinat, de coups et blessures sur son fils Sulyvan, âgé de 20 mois, dans leur habitation de Marchienne-Docherie. Jeudi matin, les débats ont essentiellement porté sur la question de la préméditation ou pas dans le chef de l'accusée. L'enfant, étouffé avec du pain et jeté au sol, était décédé le 17 septembre 2003, après avoir sombré dans un coma provoqué par l'asphyxie et une fracture crânienne fatale. Dans son réquisitoire, l'avocat général, Jean-Luc Delfosse, a rappelé «les sévices, presque quotidiennes auxquelles était soumis Sulyvan», évoquant la scène où Christelle Parizel a poussé la tête du petit dans des lasagnes bouillantes ou les moments où elle le projetait violemment au sol. M. Delfosse a également insisté sur l'intention d'homicide et la préméditation qui ont habité la jeune maman: «Ce n'était nullement un coup de folie, elle a elle-même dit qu'elle voulait le tuer et qu'elle se demandait comment faire pour que Sulyvan disparaisse». L'avocat général a requis la culpabilité pour l'assassinat, la tentative d'assassinat et les coups et blessures prémédités puis, s'adressant au jury, il a conclu: «Je vous demande de donner à ce dossier sa vérité humaine et judiciaire». De son côté, la défense a invité les jurés à «tenter de comprendre l'incompréhensible et se demander comment cette grande adolescente, cette gamine, a pu tuer son enfant». Il a exclu la préméditation dans le chef de sa cliente, «qui, les experts l'ont dit, est limitée intellectuellement et incapable de toute élaboration mentale». La défense a également soulevé l'incohérence, à ses yeux, d'accueillir des personnes chez soi, comme l'a fait l'accusée le jour des faits, «si elle nourrissait un projet criminel prémédité». La défense a encore évoqué le «désarroi profond» de sa cliente, juste après son geste. Quant à Me Karim Itani, tuteur ad hoc des deux enfants de l'accusée et, à ce titre, conseil de la partie civile, il a relevé le «comportement odieux et inacceptable de l'accusée» et «les différentes facettes de sa personnalité». «Est-il justifiable, parce qu'on est battue, parce qu'on a souffert, de battre son enfant?», s'est interrogé l'avocat. «Christelle Parizel a peut-être un quotient intellectuel faible, mais un Q.I. pratique élaboré. Elle est donc capable de discerner le bien et le mal. Sulyvan était beau et calme, c'est un ange mort pour toujours», a conclu la partie civile.

© La Libre Belgique 2005