Nouveaux doutes sur la route d’accès à Pairi Daiza

Nouveaux doutes sur la route d’accès à Pairi Daiza

La phase 1 pourrait suffire, selon le ministre Di Antonio, sans réaliser les deux autres phases jusqu’à la N7.

L’enquête publique relative au projet d’une nouvelle route d’accès au parc Pairi Daiza vient de se clôturer, du moins à Brugelette et à Ath. Il a néanmoins fallu prolonger celle-ci sur Lens, commune initialement oubliée du processus de consultation alors qu’elle serait aussi traversée par la phase 1.

Durant un mois, les Athois et les Brugelettois ont pu s’exprimer en bien ou en mal sur le choix du tracé arrêté. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la construction de la N56B pour laquelle le domaine animalier a introduit une demande de permis d’urbanisme auprès du SPW est loin de faire l’unanimité, du moins dans sa globalité. Un constat partagé par le député athois Jean-Pierre Denis (PS) qui vient d’interpeller le ministre Di Antonio sur ce dossier.

Le parlementaire de la cité des Géants relève que parmi les arguments récurrents des opposants figure le coût exorbitant, voire sous-estimé, et dès lors injustifié, d’un tel chantier, en sachant que des voiries existantes (N523 et N57) pourraient être utilisées.

"Les comités citoyens ont, en outre, vigoureusement critiqué certaines pratiques du parc qui n’hésite pas à employer tous les moyens financiers et humains pour faire pencher l’enquête publique en faveur de la construction de cette route", souligne Jean-Pierre Denis. Ce dernier fait référence au toutes-boîtes envoyé par Pairi Daiza à la population brugelettoise pour l’encourager à soutenir le projet.

"Bien que le parc participe au financement de cette infrastructure routière, ne devrait-il pas être tenu à un devoir de réserve en tant que demandeur ? " s’interroge Jean-Pierre Denis. "Si cette façon de faire n’est pas illégale, elle semble à la limite de l’éthique."

L’intéressé relève encore qu’à Brugelette, des irrégularités ont été signalées durant l’enquête publique et que celles-ci ouvrent la porte à de longs et coûteux recours pour les riverains et les pouvoirs publics.

Du côté des communes, la Ville d’Ath émet de sérieuses réserves sur la phase 2 pour laquelle elle réclame une étude d’incidences et de mobilité tout en rejetant carrément la phase 3. La commune de Silly, elle, formule un avis négatif sur l’entièreté du projet actuel.

"En l’absence d’une liaison forte, 50 % des visiteurs du parc venant du nord continueront à engorger les villages environnants durant la période d’affluence touristique. Cela étant, il est précisé dans la demande que la phase 1, contournement de Gages, permet déjà de résoudre les problèmes de trafic les plus importants et pourrait suffire après une première évaluation ", souligne le ministre Di Antonio.