Fatima Ahallouch: "Nos réalités ne sont pas celles de Bruxelles ou de Paris"

Une motion relative à la vie transfrontalière a été approuvée par le conseil communal.

Fatima Ahallouch: "Nos réalités ne sont pas celles de Bruxelles ou de Paris"
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Une motion relative à la vie transfrontalière a été approuvée par le conseil communal.

La crise sanitaire du Covid-19 n’a épargné personne. Tout le monde a en effet été impacté, de près ou de loin, par la pandémie et les effets du confinement.

"Nombreux sont les citoyens, pour qui passer la frontière faisait partie de leur quotidien, qui nous ont interpellés à ce sujet ", souligne Fatima Ahallouch, cheffe de groupe PS.

"Ces frontaliers jouissaient, comme tout le monde, d’un passage libre jusqu’à il y a peu pour travailler, se promener, rendre visite à des proches, se faire soigner ou avoir des loisirs. La pandémie en a décidé autrement et des mesures de protection ont été mises en place de chaque côté de la ligne par les gouvernements respectifs. Quand quelqu’un m’a appelée pour m’informer de la pose de grilles et de béton, je n’avais pas cru à la fermeture des frontières. Nous n’étions pas encore au stade de la crise sanitaire."

Sauf déplacement essentiel, il n’est donc toujours pas possible de traverser la frontière.

"Les frontaliers ne peuvent donc pas retrouver leur famille qui habite parfois à quelques kilomètres de chez eux alors que les déplacements sont par exemple permis pour les membres de notre famille qui habiteraient beaucoup plus loin. Un couple ne s’est par exemple pas revu depuis des mois. Il y a aussi des commerçants et des indépendants qui ont développé une économie sur cette zone et qui se voient du coup pénalisés parce que privés de leur clientèle."

C’est dans ce contexte qu’une motion visant à prendre en compte les spécificités des zones frontières dans les mesures de confinement et de déconfinement a été adoptée à l’unanimité par le conseil communal.

"L’idée de cette motion, un courrier a été envoyé à la Première ministre, est de faire peser toutes nos communes frontalières pour rappeler notre spécificité, rappelle Fatima Ahallouch. On ne parle pas d’ouverture pour le tourisme. On ne veut pas une ouverture pour tout et n’importe quoi mais il est peut-être possible d’avoir des aménagements et davantage de concertation. Nos réalités à Mouscron ne sont pas celles de Bruxelles ou de Paris."

Comme l’expliquait Mathilde Vandorpe, cheffe de groupe CDH, cette problématique touche le Hainaut, mais aussi le Luxembourg. "Espérons que les autres communes ont la même initiative afin de pouvoir faire bloc et avoir des décisions encourageantes."