Mons: entre code rouge et code orange, les universités tentent de se préparer

Mais à ce stade, le retour des cours en présentiel est impossible.

Mons: entre code rouge et code orange, les universités tentent de se préparer
©AVPRESS
E. Brl.

Moralement épuisés, en difficulté ou carrément en décrochage scolaire, les étudiants sortent du silence et donnent désormais de la voix pour réclamer un retour dans les auditoires, aussi souvent que possible. Il faut écrire que depuis des mois, la norme est restée inchangée : une majorité des cours doit être dispensée à distance.

Sur le campus de l’UCLouvain, on prépare pourtant activement le retour des étudiants dans les auditoires. L’université vient en effet de boucler la mise en place d’une nouvelle stratégie complète de reporting, tracing et testing. Une antenne de testing a ainsi vu le jour sur le campus de Louvain (elle sera opérationnelle à partir de ce lundi 8 février) et pourrait augmenter sa capacité en cas de besoin, et une seconde pourrait ouvrir sur le site de Woluwé.

Quid dès lors sur le campus montois ? Anticipe-t-on un éventuel feu vert des autorités afin d’être prêts à réaccueillir, dès que possible, les étudiants sur le site de l’UCLouvain FUCaM Mons ? "L’ensemble des campus de l’UCLouvain s’inscrit dans la même philosophie et stratégie face à l’épidémie », confirme Régis Strebelle, en charge de la communication. Cependant, crier victoire et lever les bras au ciel en envisageant réintégrer les salles de classe serait prématuré."

"À ce jour, nous faisons toujours notre maximum pour limiter les risques de propagation du virus mais il n’est pas prévu de développer un centre de testing sur le site montois. Les cours se donnent toujours prioritairement en distanciel. Seuls quelques-uns nécessitent une présence physique des étudiants, par exemple lors de travaux pratiques (TP). À ce stade, nous respectons scrupuleusement les directives des gouvernements et attendons la suite."

Difficile en effet de faire autrement. Du côté de l’UMons, on rappelle d’ailleurs qu’aucune université ne peut avancer seule dans ce dossier. "Nous ne pourrons pas sortir du code rouge si le gouvernement n’a pas donné son feu vert", insiste Philippe Dubois, recteur. "Rien ne changera avant le 26 février prochain, au plus tôt. Basculera-t-on vers un code orange, avec une zone en présentielle contrôlée et modérée à hauteur de 20% ? Cela n’est pas de notre ressort."

Bien sûr, l’université montoise tente elle aussi d’anticiper d’éventuels changements. "Nous nous préparons pour être opérationnels si l’évolution s’avère positive. Mais nous n’avons pas toutes les cartes en main, encore moins en matière de testing : ) ce jour, tester massivement est impossible car aucun remboursement n’est prévu. Financièrement, ce n’est tenable pour aucune université !" Pour tenter de changer la donne, le conseil des recteurs francophone vient d’adresser un courrier au premier ministre.

"Tant que l’INAMI n’interviendra pas, rien ne changera. On s’inscrit davantage dans un effet d’annonce. On imagine mal comment certain établissement, qu’il s’agisse d’université ou de haute-école, pourrait pratiquer des tests et d’autres parts. Personnellement, je m’y refuse d’ailleurs ! Nous devons toutes être sur un pied d’égalité."