Des "rodéos urbains" organisés dans le quartier de l'Alliance, les riverains craignent un drame

La police, de son côté, regrette que trop peu de plaintes soient formulées lorsque pareil fait est constaté.

Des "rodéos urbains" organisés dans le quartier de l'Alliance, les riverains craignent un drame
©M.Da.
E. Brl.

Certains automobilistes se livreraient-ils à du « rodéo sauvage » dans certains quartiers boussutois ? C’est le sentiment partagé par plusieurs riverains, qui dénoncent ce genre de comportement. « Cela fait un peu plus de trois ans que j’habite Boussu-Bois, plus précisément la rue Jean Duquesne », explique une riveraine.

"Régulièrement, ma rue et le quartier de l’Alliance semblent être le terrain de jeu pour des rodéos sauvages. Ils arrivent à fond de balle, font crisser les pneus et prennent les tournants le plus court possible. Dans ce quartier, il y a des enfants à pied, à vélo ou en trottinette, des passants qui promènent leur chien, des personnes âgées."

Les craintes du pire sont dès lors légitimes. "Des habitants retrouvent leurs chats écrasés. Un jour, il se produira un drame. La police a été prévenue à maintes reprises mais mis à part de rares passages de leur part, je ne vois rien qui change. Quand j'entends l’une de ces voitures passer, déraper pour enfin s'éloigner, je me dis "ouf, il est parti, heureusement, il n'y a pas eu d'accident". Mais jusqu’à quand ?"

Un témoignage complété par d’autres. "Il est 04h24 et je n'ai entendu que ça. Quand on les entend durant la nuit, on craint pour les maisons, les voitures garées", ajoute un riverain. Il ne s’agirait donc pas d’un cas isolé mais bien d’un phénomène répétitif à imputer à quelques inconscients n’ayant visiblement pas la notion des risques et se pensant probablement au-dessus des lois.

Contactée, la zone de police boraine nous confirme être informée de ces problèmes de conduite… Mais regrette que trop peu de citoyens la contactent. "Fin décembre 2020, l’agent de quartier a rédigé un rapport car des désagréments dans le quartier de l’Alliance lui avaient été rapportés", confirme-t-on du côté de la police. On parle ici de rassemblements, de consommation de produits stupéfiants, de squats et de conduites dangereuses.

"La situation a immédiatement été prise au sérieux. Le service proximité de Boussu, la brigade anti-criminalité et le service intervention ont intensifié leurs patrouilles et des opérations Citésures ont été menées. Nous avons également pris contact avec la société de logement afin de lui demander de sécuriser les habitations non occupées, dans lesquelles se rassemblaient parfois quelques squatteurs."

Et de poursuivre : "Mais force est de constater que nous n’avons que peu voire pas d’appels des citoyens… Une recherche dans nos données nous confirme que nous n’avons reçu qu’un seul appel concernant des conduites irresponsables dans ce coin, et il date du 26 avril dernier. Nous invitons dès lors les citoyens à systématiquement nous contacter par téléphone au moment des faits via le 065/619 619, 24 heures sur 24."

Il est en effet difficile, pour la police, d’être partout et d’intervenir sur une problématique qui ne lui est pas rapportée. Reste donc à espérer que le message passera aux citoyens inquiets des conséquences de pareille attitude sur la route… Ou mieux, que ces rodéos urbaines prennent fin.