Centre d’accueil Fedasil de Mouscron: la bourgmestre ordonne de réduire le nombre de résidents de 800 à 400 personnes

Suite à des faits de violences et des incivilités, la bourgmestre de Mouscron a signé un arrêté de police contraignant Fedasil à réduire de moitié la capacité de son centre d’accueil de demandeurs d’asile.

P. Den

Après avoir dû déplorer ces derniers mois de nombreux faits de violences et d’incivilités dans et autour du «Refuge», le centre d’accueil de demandeurs d’asile, la bourgmestre de Mouscron a décidé de poser un geste fort et de durcir le ton en mettant le gestionnaire, Fedasil, face à ses responsabilités.

De 820 à 400 résidents

Brigitte Aubert vient de signer un arrêté de police contraignant Fedasil à réduire de moitié le nombre de résidents. Actuellement, le centre accueille quelque 820 résidents (capacité maximale, 956 personnes), mais par cet arrêté de police, sa capacité a été réduite, avec effet immédiat, à 400 personnes.

"Les rapports de police administrative soulignent la situation d'insécurité générée par le centre ouvert de demandeurs d'asile et son aggravation au fil des mois, avec une récente détérioration significative de la situation, relève Brigitte Aubert dans son arrêté de police. L'autorité communale ne peut laisser perdurer une situation qui trouble gravement et de manière durable et récurrente l'ordre public. Seule une mesure de restriction de la capacité d'accueil et de mise en œuvre de mesure organisationnelles et structurelles sera de nature à faire cesser ou réduire les troubles à l'ordre public constatés.» Il est aussi demandé que la population du centre soit composée aux deux tiers de familles pour un tiers d'hommes «isolés»; « la grande majorité des faits entraînant les interventions de la police et des services de secours étant provoqués par ce profil de résident».

"Plus une déclaration d’intentions qu’une réelle volonté"

Lors des réguliers et nombreux contacts entre les autorités communales et Fedasil, le gestionnaire a reconnu un nombre croissant et plus grave d'incidents. Fedasil avait pris certains engagements, notamment la réduction de la capacité d'accueil à 600 résidents, la présence d'une société de gardiennage, la réflexion sur les flux de circulation au sein du centre, etc. Ce qui n'a pas (ou partiellement) été mis en œuvre."Le plan d'actions de Fedasil s'apparente davantage à une déclaration d'intentions qu'à une réelle volonté de mettre en œuvre des actions concrètes, immédiates et nécessaires…"déplore la bourgmestre."Il n'y a eu aucune amélioration significative. Le respect et l'application du règlement d'ordre intérieur ne sont pas assurés et rien de satisfaisant n'est concrètement mis en œuvre pour qu'il le soit! Fedasil se limite à faire offre de collaboration et ne semble pas prendre la pleine mesure de la situation, s'en remettant aux autorités de police et aux autorités locales pour ce qui concerne le maintien de l'ordre, pour des raisons budgétaires ou structurelles."

Un manque de sécurité

La bourgmestre relève des manquements au niveau de la sécurité: configuration du bâtiment, manque d’organisation et de formation du personnel, absence de contrôles et d’un système de vérification des entrées et sorties,… Par son arrêté de police, Brigitte Aubert contraint également Fedasil à mettre concrètement et sans délai en œuvre: la sécurisation du site, le gardiennage permanent, le container d’accueil, le respect des obligations en matière de prévention et de lutte contre les incendies, la fermeture de la porte d’entrée du site à 22 h avec possibilité d’entrée au-delà de 22 h via une permanence du service de gardiennage.

Moyennant le respect d’une longue liste de conditions et d’injonctions d’ordre et de sécurité, la Ville de Mouscron laisse une possibilité à terme de revoir la capacité d’accueil du site à 600 résidents.

Fedasil au pied du mur

Fedasil a pris acte de la décision et n’a pas souhaité faire davantage de commentaires. Mais la réalité du terrain est là: tous les centres d’accueil de demandeurs d’asile en Belgique sont saturés alors que le nombre de demandes d’asile est aussi en forte augmentation. Il est donc difficile d’imaginer le transfert de plus de 400 personnes dans d’autres structures du jour au lendemain… Fedasil a la possibilité d’introduire un recours en suspension ou en annulation contre l’arrêté face au Conseil d’État.

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