Boucle du Hainaut: l'enfouissement complet proposé par Revolht pas envisageable

Le projet de liaison souterraine avancé par l'association Revolht comme alternative à la ligne haute tension envisagée par Elia dans la province du Hainaut n'est guère envisageable pour des raisons à la fois scientifiques et de coûts, a conclu une experte indépendante sollicitée par le ministre wallon de l'Aménagement du territoire.

Boucle du Hainaut: l'enfouissement complet proposé par Revolht pas envisageable
©FLEMAL JEAN-LUC
Belga

Fin octobre dernier, l'association Revolht, qui regroupe des milliers d'habitants fermement opposés au projet dit de "Boucle du Hainaut", avait proposé un autre projet caractérisé par l'enfouissement de lignes à courant continu, plutôt que des lignes aériennes à haute tension en courant alternatif, comme le planifie la société Elia.

Devant cette proposition, le ministre wallon de l'Aménagement du territoire, Willy Borsus (MR), avait décidé de soumettre le nouveau projet à l'avis d'une experte indépendante, l'ingénieure québecoise Menelika Bekelo, spécialisée dans les réseaux électriques.

Interrogé mardi en commission du Parlement wallon par plusieurs députés, M. Borsus a livré les premiers résultats de son analyse, dont les résultats complets seront prochainement communiqués aux députés, a-t-il promis.

Pour Mme Bekelo, l'enfouissement complet de cette ligne en courant continu n'est pas envisageable à la fois pour des raisons scientifiques et de coûts, a indiqué M. Borsus.

Pour elle, deux solutions sont réalistes dans le cas de figure. Soit une ligne aérienne en courant alternatif, soit une ligne aéro-souterraine en courant alternatif, mais avec une partie enfouie limitée à 8 km, ce qui ne représenterait qu'une petite fraction du projet de Boucle du Hainaut défendu par Elia.

Ce projet consiste, pour mémoire, en la réalisation d'une liaison à haute tension longue de 84 km traversant 14 communes hennuyères entre Avelgem et Courcelles pour pouvoir notamment amener l'électricité éolienne produite en Mer du Nord vers le Hainaut.

Les populations locales redoutent toutefois l'impact paysager de ce projet, ainsi que d'éventuelles conséquences pour leur santé en raison des champs électromagnétiques générés par ces lignes à haute tension.

M. Borsus a promis lundi que les députés, mais aussi les acteurs du dossier comme Revolth, auraient prochainement l'occasion d'échanger avec Mme Bekelo sur son analyse.

Le ministre a aussi dit vouloir s'entretenir prochainement avec son homologue flamande sur ce dossier, ainsi qu'avec l'UMons qui a procédé récemment à une évaluation de l'alternative souterraine avancée par Revolth.

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