La contre-expertise de la Boucle du Hainaut déçoit Revolht

Le collectif déplore notamment que les hypothèses de départ n'ont pas été actualisées.

La contre-expertise de la Boucle du Hainaut déçoit Revolht
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U.P.

Attendue depuis quelques semaines, la contre-expertise de l'experte canadienne Ménélika Bekolo Mekomba concernant le projet de ligne à haute tension "Boucle du Hainaut" d'Elia est désormais entre les mains du ministre wallon de l'aménagement du territoire Willy Borsus. Celui-ci avait livré les principales conclusions du rapport aux parlementaires qui l'interrogeaient sur le sujet la semaine dernière.

Dernièrement, ce sont des représentants du collectif Revolht qui ont pu se pencher sur ce rapport. Comme on pouvait s'y attendre au vu des premiers éléments dévoilés par le ministre la semaine dernière, ce n'est pas ce rapport qui rebattra les cartes, au grand dam de Revolht. "Nous ne pouvons malheureusement que constater que cette nouvelle étude n'apportera que peu d'éléments nouveaux au dossier", déplore le collectif, selon qui "les mêmes remarques, déjà formulées par à l'époque du rapport de l'expert Jin Dai, pourraient être répétées."

Revolht trouve en outre "choquant" que les hypothèses de base de l'expertise n'aient pas été réactualisées. "Toute l'analyse de Mme Bekolo repose sur les postulats et scénarios élaborés par Elia en 2017." Or, les hypothèses ont fortement évolué avec les projets de construction de centrales au gaz, les projets d'accroissement de production d'éoliennes offshore, les liaisons en mer du Nord avec le Danemark et le Royaume-Uni, etc.

Concernant la situation du réseau en Hainaut, Revolht estime qu'il y a des incohérences possibles entre le modèle de Mme Bekolo, les informations d'Elia et les résultats de M. Jin Dai, qui avait précédemment fourni une expertise au gouvernement wallon. Revolht regrette également "que Mme Bekolo ait pris position sur le coût des différentes solutions techniques sans en avoir fait une analyse complète et contextuelle. Elle n'amène qu'une confusion inutile. De plus, l'aspect coût doit être évalué dans sa globalité en prenant en compte les impacts socio-économiques et environnementaux."

Globalement, Revolht regrette que le postulat de base d'Elia, qui est d'intégrer toutes les liaisons offshore en un seul point sur la côte belge, n'ait pas été remis en question, estimant qu'il s'agit "d'un pari sur l'avenir très coûteux. D'après les calculs de Mme Bekolo, sans les liaisons Ventilus et Boucle du Hainaut, il n'est pas raisonnable d'augmenter la production d'électricité à l'ouest du pays. Autrement dit, pas de nouvelle île artificielle au sein de la zone Reine Elisabeth, pas de liaison avec le Danemark, ni avec le Royaume-Uni tant que les projets Ventilus et Boucle du Hainaut ne sont pas réalisés", ce qui ne sera pas le cas avant au mieux 2030…sans compter les recours "qui interfèreront à coup sûr".

Revolht attend désormais de discuter de l'expertise avec Mme Bekolo "afin d'affiner notre compréhension de son analyse et de nous faire un avis sur la pertinence de ses conclusions."

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