Un conseiller PS invente la grève du vote

Pour se faire entendre, Philippe Hembise va recourir à l’abstention.

Un conseiller PS invente la grève du vote
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On connaît la grève de la faim et celle du zèle. On connaît moins la grève du vote. C’est le moyen d’expression et de pression politique que le conseiller communal PS Philippe Hembise a décidé d’utiliser pour rappeler son exécutif à son devoir d’urgence et à ses responsabilités en matière de sécurité publique.

L'intéressé vit à Jumet à quelques mètres de l'ancienne limite de la commune avec Roux, une frontière censée avoir disparu depuis la fusion de 1978. Dans ce quartier, une rue à cheval sur les deux anciennes communes porte des noms différents selon le trottoir sur lequel on se trouve. D'un côté, c'est la rue de Monceau, de l'autre celle des Chèvres. Si vous y ajoutez des numérotations chaotiques d'immeubles, cela complique à l'extrême l'identification d'une adresse. Selon Hembise, cela fait huit ans que les échevins de tutelle ont connaissance de la situation. Après Françoise Daspremont, il y a eu Anne-Marie Boeckaert et enfin son successeur à l'État Civil Mahmut Dogru. "Le dossier est dans le pipe", a rassuré ce dernier en précisant avoir informé la commission royale de toponymie de cette anomalie. Or, celle-ci ne s'est toujours pas manifestée et la procédure est bloquée.

Hembise estime qu'il faut mettre ce changement aux urgences. Il y va d'une impérieuse question de sécurité publique. "Je conçois que ce dossier mobilise plus d'énergie que la suppression d'un doublon odonymique. Mais il faut savoir quelles conséquences dramatiques pourrait avoir une perte de temps de 5 à 10 minutes pour trouver le lieu d'une intervention médicale urgente par exemple."

Le PS avait déjà un petit caillou dans sa chaussure avec Elio Paolini, opposé à la création du BHNS. En voilà un deuxième : tant que le problème de son quartier ne sera pas réglé, Hembise ne votera plus aucun changement de nom de rue…