Le coup de gueule de Vincent Loiseau, directeur d'école: "J'invite la ministre à venir sur le terrain constater notre réalité!"

Alors qu'Omicron fait des ravages, enseignants et directions se sentent abandonnés.

E. Brl.
Le coup de gueule de Vincent Loiseau, directeur d'école: "J'invite la ministre à venir sur le terrain constater notre réalité!"
©BELGA

Parents, enseignants, directions d’école sont désormais à bout de nerfs. Si certains prennent leur mal en patience, d’autres expriment leur agacement face aux conséquences du variant Omicron, particulièrement contagieux. C’est le cas de Vincent Loiseau, directeur du centre scolaire Don Bosco de Quiévrain-Ghlin et échevin de l’enseignement à Dour. Ce dernier a ni plus ni moins l’impression « d’avoir changé de métier » et d’être devenu « le directeur d’une grande garderie désorganisée. »

Aujourd'hui, son établissement compte 25% d'élèves et 20% de membres du personnel absents. « La situation est extrêmement compliqué car il est impossible d'avancer dans les apprentissages et nous ne sommes pas en mesure de remplacer les enseignants absents », explique le directeur. "Nous nous retrouvons avec des élèves qui ne viennent à l'école que quelques jours par semaine. Et facce à tout cela, nous avons le sentiment d'être abandonnés."

Le Dourois invite d'ailleurs la ministre de l'enseignement à se rendre sur le terrain. "Qu'elle vienne voir à quoi ressemble notre réalité aujourd'hui. On est censé avancer sur le plan de pilotage, dont je ne remets pas l'existence en question car je pense qu'il s'agit d'un outil formidable, mais nous n'avons ni le temps ni l'énergie à consacrer à sa mise en œuvre ! La crise sanitaire occupe toutes nos journées."

Pour Vincent Loiseau, il est temps d'entendre les revendications de ceux qui se retrouvent devant des classes éparses. "Les objectifs du plan de pilotage sont nobles. Mais pour y travailler, il faudrait que les membres du personnel soient sereins, aient l'envie d'avancer sur des projets concrets. Ce n'est pas le cas dans pareille circonstance, et de toute façon, il nous est impossible de nous réunir autour d'une table et de mettre en place un comité de pilotage !"

À ce sujet, la ministre semble être restée muette. "On pourrait espérer un peu de souplesse… mais je sais que dans les écoles autour de la mienne, des missions d'inspection sont actuellement menées ! Les enseignants sont sur les rotules mais quelqu'un a visiblement estimé que c'était le bon moment pour mener des inspections. Honnêtement, c'est faire preuve d'un manque totale d'empathie."

Bref, la coupe est pleine. "Certaines choses pourraient être mises en place pour nous aider dans notre quotidien, mais ce n'est pas le cas. On attend toujours un signal positif, du soutien", conclut Vincent Loiseau.