Scandale à la police de Mons: le chef de corps provoque un accident, sa prise de sang montre plus de 3g d'alcool par litre de sang !

Les résultats d'une analyse de sang après un accident vendredi dernier indiqueraient que le chef de corps de la zone de Mons-Quévy était complètement ivre au volant.

Ugo Petropoulos
Scandale à la police de Mons: le chef de corps provoque un accident, sa prise de sang montre plus de 3g d'alcool par litre de sang !
©AVPRESS

Le chef de corps de la zone de police de Mons-Quévy Jean-Hubert Nicolay devra-t-il démissionner ou faire un pas de côté? La question va inévitablement se poser. Dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, alors qu'il était au volant de sa voiture de fonction, Jean-Hubert Nicolay a eu un accident de la route sur le R5, à hauteur de la bretelle de sortie "Asquillies". Seul en cause, il a perdu le contrôle de son véhicule et est parti dans une série de tonneaux, à quelques centaines de mètres de son domicile.

Il n'a été que légèrement blessé, mais a été conduit à l'hôpital Saint-Joseph pour des examens et quelques points de suture. Pour rédiger le constat, des policiers de la zone de police boraine ont été appelés, les agents de la zone de police de Mons-Quévy ne pouvant s'en charger, l'un des leurs, leur chef en l'occurrence, étant impliqué dans l'accident. Le résultat de l'éthylotest était officiellement négatif.

Sauf qu'à l'hôpital, une prise de sang a également été réalisée par l'équipe médicale ayant pris en charge le chef de corps. Et le résultat de celle-ci a atterri chez nos confrères de Sud Presse, qui l'ont publié: le taux d'alcool que présentait le chef de corps après son accident serait de 3,06 g par litre de sang. C'est six fois plus que la limite autorisée au volant et cela équivaut au coma éthylique pour certains.

Nous avons tenté de joindre Jean-Hubert Nicolay, sans succès. Dans la Province de ce lundi, il se disait surpris et choqué de voir qu’un organe de presse ait pu avoir accès aux résultats de sa prise de sang et soulignait ne pas être en service à ce moment.

"S'il y a mensonge, il doit être révoqué"

Au niveau politique, l'opposition Mons en Mieux n'entend pas faire comme si rien ne s'était passé. D'autant que des témoins oculaires affirment avoir vu le chef de corps dans un état d'ébriété avancé au Marché-aux-Herbes, vendredi peu après minuit, soit deux heures avant l'accident. Ces éléments poussent le groupe politique à demander la suspension de Jean-Hubert Nicolay "avec effet immédiat", nous indique Georges-Louis Bouchez.

MeM souhaite aussi qu'un conseil de police soit convoqué "sans délai pour pouvoir auditionner le chef de zone et, au terme de l'audition, soit qu'il soit démis, soit voir s'il y a lieu de poursuivre des procédures." Lesquelles? "Renvoyer vers le comité P pour potentielle falsification de PV. Ce n'est pas possible que l'éthylotest soit négatif s'il y a une prise de sang à trois grammes. Et s'il y a mensonge, c'est assez clair: il doit être révoqué de la police. C'est beaucoup trop grave." Le scandale pourrait également toucher la zone de police boraine, s'il s'avérait que des agents ont falsifié le résultat de l'éthylotest.

Georges-Louis Bouchez se dit par ailleurs surpris du silence des autorités locales. Le bourgmestre Nicolas Martin, président du Conseil de Zone, n'a pas encore réagi à nos sollicitations à l'heure d'écrire ces lignes et Florence Lecompte, vice-présidente indique à ce stade n'avoir "rien à dire là-dessus" et ne voit pas pourquoi le Conseil de Police devrait prendre des mesures en l'état actuel. "Nous n'avons pas de preuves", indique-t-elle.

"Nous avons toujours soutenu la police, mais pour avoir la confiance de la population, nous devons faire la transparence sur ce genre d'histoires", poursuit Bouchez. "On a trois problèmes: les faits en tant que tels, la potentielle falsification de PV et de fausses déclarations aux médias. Si les deux derniers faits sont avérés, il y aurait rupture de confiance absolue." Quant à une erreur potentielle du laboratoire ayant effectué l'analyse, elle apparait "improbable" au chef de file de MeM, eu égard aux témoins oculaires du Marché-aux-Herbes.

Contacté par nos soins, le parquet affirme que le dossier judiciaire du chef de corps sera traité comme n’importe quel autre dossier. Pour le moment, le parquet est en attente des procès-verbaux dressés suite à l’accident.

«Le fait qu'il soit chef de corps d'une zone de police ne change absolument rien», affirme le substitut du procureur, Damien Verheyen.