Bernard Marchal condamné à 12 ans de prison pour le meurtre de son frère

Le 30 octobre 2019, il avait donné un coup de couteau au cou de son frère Jean-Luc, sectionnant une artère et l’aorte.

S.M
Bernard Marchal condamné à 12 ans de prison pour le meurtre de son frère
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Poursuivi devant la cour d’Assises de Namur tout au long de la semaine pour le meurtre de son frère Jean-Luc (1963), survenu à Bois-de-Villers le 30 octobre 2019, Bernard Marchal (1970) a été fixé sur son sort ce vendredi après-midi. Une peine de 12 ans de prison a été prononcée à son encontre.

Dans son arrêt, la cour tient compte de la gravité extrême du crime, de la profondeur manifeste du traumatisme engendré à la compagne, la sœur, la fille et les proches de la victime, du mépris pour l’intégrité physique d’autrui, de l’addiction profonde de l’accusé à l’alcool au moment des faits, de ses antécédents judiciaires, de l’impulsivité et de la violence injustifiée des faits, de l’importance de l’émoi causé par ce crime. La cour met aussi en avant l’importance de ne pas banaliser certains traits inquiétants de la personnalité de l’accusé et la nécessité d’endiguer tout risque récidive.

Des éléments ont aussi joué en sa faveur. Ainsi, l’arrêt met en avant la prise de conscience de l’accusé, ses regrets sincères et immédiats, son abstinence dans sa consommation d’alcool et son engagement louable à poursuivre dans cette voie ainsi que sa volonté de reclassement.

"Une peine tranchée et réfléchie"

Actuellement détenu dans le cadre d'une surveillance à domicile, Bernard Marchal sera écroué d'ici quinze jours, délai d'un éventuel pourvoi en cassation. Les douze ans de prison sonnent comme une juste répression pour les parties civiles. "Le fait qu'il soit reconnu coupable de meurtre était la première étape. La seconde, pour la compagne de Jean-luc, était que Bernard retourne en prison. le nombre d'années importe peu", explique Me Thirion.

Pour Me Flamme, qui représente la fille de la victime, la peine prononcée est "correcte au regard de la gravité des faits." "On parle quand même d'un fratricide. Cette peine lui laisse également la possibilité de faire quelque chose de sa vie." Pour sa consœur, Me Pretto, également avocate de la fille de la victime, cet arrêt de la cour d'assises marque le coup. "C'est une peine tranchée et réfléchie. Bernard Marchal se connaît et sait comment il est quand il boit. Il fallait qu'il comprenne."

"Bernard Marchal a encore bien réagit, il était préparé"

Me Maudoux et Me Fery, avocats de Bernard Marchal, avaient sollicité cinq ans de prison et un sursis probatoire, afin d’accélérer (et de ne pas interrompre) le processus de réinsertion de leur client. “Par rapport à ce qu’on avait demandé, ce jugement est une déception. Mais à partir du moment où le meurtre a été retenu, on s’attendait à une peine lourde”, explique Me Maudoux. “Bernard Marchal a encore bien réagi à cet arrêt. Il était préparé à être condamné à une lourde peine”, indique Me Fery qui souligne le fait que Bernard Marchal a pu, durant ce procès, déjà renouer des liens avec sa famille qui sera là pour lui.

Une libération conditionnelle est envisageable au tiers de la peine. Dans le cas présent, quatre ans de prison. Auxquels il faut soustraire les deux ans et demi de détention préventive déjà effectués. “Une libération conditionnelle pourra être envisagée dans 18 mois”, termine Me Maudoux.

Le 30 octobre 2019 dans l’habitation de la mère des frères Marchal, Bernard a donné un coup de couteau au cou de son frère Jean-Luc, sectionnant une artère et l’aorte. La victime est décédée quelques instants plus tard.